212 IIISTOLHE SOCIALISTE méchante do ses cor<'ligionnaires politiques, leur stupidité el leur aveuglement l',wJicnl aigri plus encore que le pou do succès do ses attaques contre le régime nou,·eau. Il protestait contre l'éducation donné à l'enlanl•roi par les prêtres de la petite cour de lloly-Hood. qui no lui apprenaient rien «du siècle où nous vivons». Le talent force l'admiration cl dépasse les limites des camps politiques. _Celui de Chateaubriand cl de Berryer était assez grand pour leurvaloirlc suffrage de leurs adversaires. Chateaubriand n'était pas insensible à ces applaudissements. Quant à Jlcrrycr, il avait été bonapartiste aux heures de sa jeunesse cl demeurait d'un pa• lriotismc aigu qui le rapprochait plus souvent des libéraux quo des légitimistes. Tous deux étaient donc plus appréciés de Jeurs adversaires que de leurs amis Les mots de Chateaubriand contre la bêtise de son parti el sur le peu de chanC'CS qu'il axait, de rc,·cnir au pou,·oir faisaient sa popularité dans les milieux hos• tiles ù la légitimité. 11se vengeait des déboires dont les ultras l'avaient abr<'uvé sous la Hcstauration, en se proclamant le« courtisan du malheur». Il démoralisait leurs entreprises de revanche en disant croire« moins au retou,· de Jlrnri Y que lo plus misérable juste-milieu ou que le plus violent républicain». Bref il ne parlait pas en homme de parti. Avec justice, Louis Blanc lui en fait un mérite. li reconnait bien que Chateaubriand dans ses ambassades accomplissait surtout de « pieux pèlerinages • aux lieux historiques où naquirent la force, la pensée el la beauté, qu'il montrait trop de • préoccupations littéraires dans l'exercice·du pouvoir», qu'il promenait son« indolence un peu bau laine au milieu des intrigues de la cour » el qu'il « envisageait le commandement par son côté poétique». Mais, ajoule•t-il, .• ceux-là seuls agissent fortement sur les peuples, qui portent en eux de quoi s'élever au-dessus des pensées commu11os». EL il invoque l'exemple de Napoléon qui lisait Ossian cl le médi• tait. Seulement, Chateaubriand no fut pas en politique un .\'apoléon. Il servit sa propre gloire liUéraire, el non sa gloire politique ni la cause qu'il avait embrassée. Dien qu'absolumenl inoffensif cl qu'on ne pût ignorer jusqu'à quel point il réprouvait toute agression violente contre le pouvoir, Chateaubriand fut cepen• danLarrêté, dès que parvint à Paris la noU\·clle du débarquement de la duchesse do Berri en Provence. li fut retenu quinze jours prisonnier à la préfecture de police, dans l'appartement de Gisquet, puis relâché. Le vieux roi, qui achevait d'expier dans une vieillesse maussade et bigote les frasques d'une jeunesse frivole el déréglée, approuvait-il l'équipée de sa bru ? :-.on, certes. ~lais le séjour d'lloly-Rood était devenu insupportable ù cette princesse avide de mouvement, d'intrigues follement conduites, d'hérotsme retentissant el surtout de liberté personnelle. Elle avait fui la compagnie de Charles X et de la duchesse d'Angoulême, bien plus po!ir échapper à l'ennui que pour donner une couronne à son fils. Elle colorait ainsi d'amour maternel son amour des aventures. Une femme qui veut s'émanciper, agir en beauté, trouve toujours des suivants. Ils ne manquèrent pas à Marie-Caroline. A peine eut-elle besoin de stimuler le• La Rochejaquelein et les Charette. Dès qu'elle crut s'être 888uré des dévouement.
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