lllSTOrnE SOCIALISTE 127 un catafalque les insignes épis.-opaux du mort, font célébrer l'office par trois prêtres amenés de Paris, et 1 c-scortés de \·ingt mille manifestants, ils trainent à bras Je corbillard jusqu'au cimetière )lontparnasse où se fait l'inhumation. Thibaudeau, ancien conventionnel, prit la paroi,... et T\'mrrria la rt1,·olution d1.. juillrt d"avoir associé la Co1n·llntion nationale au trbn<'. rl Il' gou,·rrnl'IH,'nt c<d1an1ir ou,·C'rlaux conn~ntionncb, pour leur clJfense,c,~t e lrihmw d,• la mort •~ Il justifia la sentence de mort prononc,•c par le défunt cl par lt1i-111êmecontr• Louis X\"J,en s'l•criant à J'adr<~srd•es homme~qui YCnaient de fairela Hé,·olution : « Que leur a-t-il manquüpour être c,~quf•.par un haineux nbus de la lan~ur, ils ûnl appelé régicide? Quo Charles X fùt fait prisonnie,· el que le peuple 1t, leur livr.ît. , \ïngt ans plus ta;d, Thibaudeau associait de nom·cau à sa manière la Hé,·olulion au trône et entrait des premiers dans le Sr•nat du second Empire. Quelque, jours plus tôt, Casimir Perier s'était montré moins tolfrant pour une autre manifestation. Les républicains, désireux de tirer bon parti de l'acquitt,•ment des dix-neuf, entretenaient l'agitation dans Paris, se mêlant à tous 1,.,,mouvements populaires et au besoin lf'ssu-.citant. Jls étaient parfois peu soucîC'uxde co1b<'n·,•r à leur action démocratique toute sa purelt\ et non seulement lais::;ai('nt Sf' mêlf'r it leurs rangs des bonapartistes qui acclamaient :'iapoléon Il, mais encore participaient aux manifestations napoléoniennes. L'nc commune hostilité contre un gouvernement rè:;oln à ne ras entrer f'n ~uC'rreavec Je:;puissancese,t qui décevait à la fois l~ rl!\""esde conquête car·css:-;. p~r lt•s uns et les espérances de libération des peuples formées par les autres. les rt:unil dans une maniîcstation faitl' Ir f> mai atilour de la ,·olonnc \"endômc pour cornn1t•morl'r l'anni,·ersaire de la ,nort de .\"apolt.'.•on. Le gou,·('rn<'mrnl ayant fait rnlc,·er 1,•s couronnes Mposées par les bonapartistes, la foule s'ameuta et tandi, que le, uns acclamaient la llépubliquc, les autres distribuaient des portraits du fils de :'iapoléon, dont on entretenait soigneusement la k•gcnde dans le peuple. Ca:-.imirPl'rierdi:-;pcrsaces attroupements a,·cc vig,.wur. Par une sorte de bravade-qui était dans son caractère, Ir nouveau minislrC' cnlrrprit de transformer <'Il manife.,talion de loya.lisni~ la di~tribution d("Srécompenses nationales votées par la Chambre aux combattants des trois journée,. Il soumit donc à la sjgnature du roi une ordonnance crl"nnl une médailJecommCmo1·alivc, qui 5!eraitr,emise aux titulaires dans une grande cérJmonie, aux In,·alides, où les 11ouveaux décorés prl'lcraicnt serment entre les mains de Louis-Philippe. Le dessein de Casimir P,·,·icr étail très clair: il tendait à étahlir,quc la révolution n'avait été faite que pour assooir ~ur le trône un Bourbon dont les SC'nlimenls fussent plus conformes au sentiment national. Fidèle à la doctrine de la quasi lc'.•gitimité, le minislre, inlervertissanL auda.cicu~ementles situalions, ne donnait pas au roi lïnvcslilut'c r~voluLionnaire ; iJ faisait .récompcnsC'r lûs fidèles sujets qui a,·aient ouverl, par des moyens un peu vifs, la succession au trône, occup<'p.•ar la famille du nouveau roi huit siècles durant. Cette ordonnance fit grand bruit. Les libéraux de gauche el surtout les répu-
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