René Viviani - La Restauration : 1814-1830

501 JJIS'fOIRE SOCIALISTE Pendant la fusillade, alor; que les obus tombaient sur les quartiers qui conslituent maintenant la 'frinil6, la population, sur les boulevards, échangeait à voix basse ses impressions. Le malin du 30 mars, l'impératrice et le roi de Rome, sur la pr•!SSion de Joseph el du conseil, en dép il de l'opposition calculée de Talleyrand, avaient quitlô P<1ris. Leur carrosse, suivi dïnnombrables voilures, avait amené hors de Paris, en Touraine, l'impératrice qui quillail sans une larme, sans un regret, un trône que la loi des diplomalies lui avait imposé. Le long convoi, le lrisle convoi de l'Empire, avait déQlé sous le regard de quelques passants, et celle fuile d'une dynastie alleslait l'inutilité de la défense. Joseph, il est vrai, restait, médiocre représentant de l'empereur, invisible et intolérable. ~lais à qui n'avait pas su conserverMaddd el le lrôned'Espagne, l'autorité manquait pour protéger Paris el le trône de Napoléon. Du reste, au mépris d'une promesse solennelle, lui aussi devail fuir ... Cependant, il avait laissé à Marmont la latitude de capituler quand l'heure semblerait décisive. Le duc de Raguse, dont la capacité militaire aurait répudié, si elle l'et1l pu, la terrible tâche de défendre Paris, continuait le combat. :\lais le cercle noir des uniformes enserrait de plus en plus la ville, 1'6loufî.1il, devenait son seul horizon. Rien que sous la pression pby,ique de tanl d'hommes, les combattants, peu à peu, reculaient. Les postes étaient intenables. Les barriêres emportées el reprises, el emportées encore, ouvrirent au tlol les rues de la ville. Maintenant on se batlail de maison à maison, de porto à porte, el les fenêlres étaient des créneaux. Marmont, blessé, les babils en lambeaux, l'épée dans sa seule main valide, n"élail plus que le chef dérisoire d'une armée fictive ... Vers les quatre heures, il dépêcha vers l'ennemi des parlementaires: Si vive était la fusillade que le premier fui tué, les deux autres furent blessé,. Labédoyère revint, ne pouvant se faire jour à travers la mitraille. Enfin, par la roule où commandait le général Compan, et qui était plus protégée, un parlemenl.J.ire se put montrer. Il parla, offrit une suspension d'armes. Le feu cessa vers les cinq heures du soir. Etait-ce là tout l'elîorl que pouvait tenter P~ris? N'avait-il pas des hommes el des munitions? N'aurail-il pas dû être organisé en vue d'un siège que la plus élémentaire prudence devait prévoir? EsL-ce la trahison, est-ce l'inertie, est-ce l"anarchie, est-ce l'ignorance qui furent les complices de la défaite? Napoléon, en tous cas, élail le premier coupable. Coupable de n_'avoirpas. prévu, dès le moi, de janvier 1814, que la coalition tendait vers Paris; coupable de n'avoir pas armé la capitale; coupable de n'avoir pas compris que la reddilioo de Paris, <ien'étail pas seulement une déraile militaire, mais une catastrophe dynastique. Il a prétendu, il est vrai, avoir laissé des ordres, el le témoignage du général Dejean, s.on aide de camp, ·par lui dépêché à Joseph en fuile et qu'il I

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