René Viviani - La Restauration : 1814-1830

!IISTOIRE SOCIALISTE ------ ------------------·· - -·--- - qu'après les ruineuses victoires, el si la France avait vn tarir l'o, de ses coffres el le sang de ses veines, le crime en était à rempereur. Un Lrailé de paix cl des concessions, apportées par lui, 6L1ienl inéluctables. Aucun pouvoir ne s'y serait soustrait. )lais le traité ne ratifie pas seulement la défaite, il désarme la France en livrant ses citadelle~, leur matériel, celui de; villes maritimes, el tous les approvisionnements. Bien plus, il enrichit les nations ennemies qu'une longue guerre avait ruinées, s1 bien·,que la France mutilée, non seulement était privée d'armes, mais se lrouv;ait, vidée de to ,tes ressources, en face d'une Europe fortifiée. Le duc de Rovigo a pu évaluer la perte pécuniaire à un milliard el demi (plus de quatre milliarJs de notre monnaie). Ce fut Je comte d'Artois qui revêtit de son sceau celle honte. derrière laquelle l'histoire, même dédaigneuse des polémiques de scandale, a pu flairer une alTaire profitahle au véritable rédacteur du document, M. de Talleyrand. En même temps, d'un seul coup, tombaient les droits qui, pendant le blocus continental, avaient proscrit, sur les tissus et la colonnade, la concurrence anglaise; d'innombrables vaisseaux anglais, chargés de cargaisons, préls à l'événement, envahissaient nos pol'ts, et le marché intérieur était disloqué ... Aussi, en quelqaes jours, ces événements malheureux rroi3sèrent le pays dans son honneur, sa fierté, ses intérôls. Avant même que Louis XVlll ne vlnLprendre possession de son trône, le régime s'alour,lissait sur la nalion. Qu'allait apporter le roi nouveau? Le 20 avril, comme Napoléon abandonnait Pon\aineblem, Louis XVIlf - quitlail llarlwel où l'hospilalilé anglaise !'av.ait prolégé"een dépit des somma• Lions impérieuses (le Napoléon. Ignorant de l'état des esprits, par son éloignement, sa réclusion volonl~ire, l'étroitesse des vues anciennes jamais abandonnées. ce roi revenait en France sans même se douter du fardeau qui allait lui être dévolu. li débuta, à LondrJs, par un discours adressé !Ill roi d'Angleterre et où il blessait à la Cois,la llèrté française el la susceptibilité des alliés auxquels il devait tout. neçu avec des honneurs magnifiques dès son arrivée à Calais, il s'avança jusqu'à Con1pièg11e.C'est lâ qu'il avait r(lsoiu de s'arrêter pour résoudre le connil qui s'élevait en son esprilet qui touchait à ses prérogatives ainsi qu'à celles du ·sénat. Auprès de lui, deux confidents se tenaient, dont les contradictions violen les ne fais~ient qu'obscurcir encore pour lui la notion des choses. M.Poz1.o di llorgo, rrprésentant d' Alex1nclre,lui conseillait le lib6ralisllle, tnnrlis qu'au nom du comte d'Artois, le duc de Bruges était chargé de réveiller en ce vieillard les suggeslions de l'amour-propre royal. C'est ce dernier qui l'emporta. JI s'agissait de savoir si le Sénat rédigerait la conslilulion, si le roi lui jurerait fidélité, si, des mains de ses sujets ce monarque accepterait le bien• fait du trône, ou bien, si le monarque concèderait à ses sujets une constilu• \ion libérale, ne recevant rien que de Dieu. Au fond, le roi nouveau incli-

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