HJSTOIRE SOCIALJSTK 247 cependant ses plans s'écroulent. La troupe peul vaincre une émeute, mais une révolution ln submerge. Apros deux jours de combats, les Parisien étaient plus nombreux, plus violents, plus audacieux. L'éclair dr leur$ yeux bardis faisait apparaitre l'espérance. Ils se baltiient pour la Justice, pour le droit. Ils s'offraient à la mclrt. El Ioule ln population élail debout. Sous ln conduite llu jeune polytechnicien r.harras, l'Ecole polytechnique ayant été licenciée, soixante élèves s'étaient joints au peuple. Un homme comme M. Laffllle, dont les caisses con tenaient des millions. présidait, blPsso au pied el ne pouvant marcher qu'avec uue béquille, les réunions insurrectionnelles des députés. L'illustre La Fayette était prêt à devenir le oher militaire de la révolle. Des avocats, des médecins, des rentiers, des négociants, tous se m~- laienl au peuple pour que la lil.Jéralion rot prompte et romplèle. Comment les officiers, les soldats n'auraient-ils pas été frappés de cela 7 Le r,, et le :;:i• de ligne, qui se trouvaient stationné~ sur la place Vendôme firent défection. Les Suisses qui occu1,aient le Louvre, sur un ordre mal compris, l'abandonnent. Un enrant s'y glisse, appelle les insurgés. Ceux-ci garnissenl les fenêtres et lirenl. Les SuiS&ls s'enfuient épouvantés. Ainsi ùeux trouées formidables étaient faites à travers les positions ùe Marmont, el le drapeau trico• !ore flottait sur la demeure royale. Il n'en devait plus descendre. A Saint-Cloud des visites se succédaient. M. de Senmonville, le grand référendaire, et Y. d'Argout, aprrs avoir été entretenir Marmont, étaient venus supplier le roi de céder. JI!. de Polignac les avait devancés, M. de Vitrolles était revenu. L'inconscience, l'impéritie, l'incapacité régnaient avec le roi ùans ce palais tranquille, où l'écho des fusillade~ meurtrières ne soulevait pas un remords. Après diverses discuisions, on nomma chef de toutes les troupes le dauphin, qui devenait le cher de Marmont. Celui-ci immédiatement recevait l'ordre d'abandonner Paris: Paris rut abandonné. Ainsi, devant l'insurrection victorieuse, pas à pas, les contingents armés reculaient. Le drapeau de la force s'inclinait devant la majesté du droit. ~•ace à race pendant trois jours a,·ec ces combattants b1riolés, faisant du costume du travail l'uniforme marlial de la révolle sainte, les soldais décontenancés, doutant de leurs chers, comprenant que la consigne ne peut rien entreprendre sur la conscience, ces soldais avaient vu une révélation supérieure à leurs ordres, un droit supérieur à leur rorce, une discipline morale faite d'idées supérieure à leur discipline physique commandée par le règlement el sanctionnée par la peur. Aussi, après avoir quitté Pari~, ils se répandirent à travers champs. A toute heure on venait annoncer une désertion nouvelle; des soldais rendaient, à Sèvres, leurs rusil, au, habitants; un colonel arrivait à Saint-Cloud avec le drapeau el huit hommes, tout ce qui demeurait de son régiment. El M. de Polignac, à qui on indiquait ces abandons collecurs qui déllOrgauisaient la troupe, avait celle réponse qui juge l'homme et le temps: "Eh bien, qu'on tire sur la troupe 1 »
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