HISTOJIIJJ: SOCIALlS'l'JJ: IS7 lùle ne J)ouvait,sans se trop découvrir, faire ohslacle à ce choix. li crut quïl serait suffi~ant de donner à )f. de Montmorency des inslruclionq précises et de lui dicter une réserve prudente. li lui fut donc recommandé de jouer un rôle elfacé • cle ne pas ôlre le rapporteur" des affdiros d'Espagne el surtout de ne pas permettre que le r·ôle de la Prancc lùt indiqué par les pui.sances, la Prance voulant se réserver toute liberté d'aclion. En môme temps 011 adjoignait à il!. de illontmorency )[. de Chateaubriand, qui venait de remJllacer à Londres, comme ambassadeur, M. Decazes, démissionn,1ire. La réserve imposée à i\l. de i\lonlmorenoy élail puérile cl M. de Villèle élait doué d'un trop pén6lrant esprit pour s'imaginer que rrs faibles Iisiùre, embarrasseraient la véhémence fanatlsée de son envoyé. D'ailleurs, à interroger l'esprit et non la lettre de son mandat, i1. de )lontmorcncy tenait le droit d'agir en faveur de l'intervention. Certes l'opinion de M. de Yillùle 6tait défavorable à l'entreprise. Mais le Conseil tout enlier el le roi lui étaient gagnés. Or, M. cle :\lontmorency ne représentait pas \1. de Villèle, mais le roi. El dès son arrivée, déohiranl la commission prudente qu'il avait reçue, il posa la question redoutable : Si l11France relire de \ladrid son ambassadeur, que feront les puissances'/ Si elle i11lervienl, lui prêlera-l-on un secours moral el mémo matériel? L'Angleterre, par l'organe de ·\\'ellinglon, récusa le Congrès, s'opposa m~me au débat el refusa même de sigrrer les procès-verbaux. La Prusse el l'Autriche promirent ;de retirer leur ambassadeur el de fournir un secours moral : seule, la Russie prêtait même la caution matérielle de son appui. Ainsi la question était posée, résolue, en cté1>ilde M. de Villèle, en dépit de ses ordres précis, de ses sages remontrances, de sas hautes leçon:; do prudence diplomatique dont rn correspondance {3' volume) 1>orle la trace. Mais que faire? M. de VilIole résista encore. li alle•tait que le pays ne lui était pas hostile dans sa répugnance à cette guerre cl prcn,1il it témoin le cours de la Bourse, le taux de la !lente qui avait baissé pendant que se nouait à Vienne contre l'indépendance espagnole celte intrigue internationale. Il essayait, par le cabinet anglais, d'aboutir à une transaction où le roi el le pays trouveraient leur compte el qui désarmerait les puissances. Même ce paradoxe se produisit que la Prr.rsse, la llussic, l'Autriche rcli,·èrenl lru,· ambassadeur avec des formules variées, la Prusse J)0liment, l'Autriche durement, la Russie avec uno insolence voulue. Le colonel répondit en donnant des passeports el en haussant lui aussi le ton jusqu'au mopris el jusqu'à l'insulte. Et la France, dont l'envoy6 avait posé la question, garda il à Madrid son ambassadeur! Mais M. de Villèle était au terme de la rpsist;ince. Le parti rcligieu~ veillait. C'était une intervenlion en faveur de la religion que méditait la Congrégation, ou plutôt une entreprise contre-révolutionnaire. Pour la Congrégation, défen,,re le roi, o'étuiL défendre à la fQi~ lo principe (le la légi-
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