ii2 HISTOIRE SOCIALISTE rage el leurs armes aux insurrections vaincues. Celle as,oclalion formée en llalie pour résister au nom de l'indépendance nationale aux entreprises étrangères, encouragée par Mural, puis refoulée par lui, avait toujours groupé le• plus intrépides soldats. Elle venait fleurir en France, allégée de tous les rites et de toutes les formalités tragiques dont il a plu aux romanciers d'exagérer encore l'importance. Elle était une association fermée, certes, mais qui s'ouvrait au premier coup, et si vile même, que tous les insuccès qui onl suivi les tentatives de complot peuvent être attribués à la natvelé de ceux qui étaient chargés d'accueillir les nouveaux venus. Les carbonari étaient ainsi formés : il y avait des associations particulicres, appelées ventes particulières, ayant chacune leur président, leur censeur, leur député. Quand dar.s la même ville il se trouvait vingt ventes, les vingt députés se réunissaient et formaient une ve111ecentrale. Une seule communiquait a"ec les ventes particulières placées au-dessous·d'elle, el qui s'ignoraient totalement l'une l'autre. De plus, elle communiquait au-dessus d'elle avec la haute vente, organe directeur el centralisateur, d'où tout venait, où tout revenait. Il était a!Jsolument interdit d'écrire, de laisser derrière soi la moindre trace palpable d'une entente; tous les ordres étaient ver!Jaux et ils étaient portés par des hommes sors. Dès le dé!Jut, celle société avait peu prospéré: c'est qu'elle était dirigée par des be mmes à peu près inconnus, quoique d'un entier dévouement. La pensée leur vint de placer à leur tête La FJyelte; celui-ci accepta, el près de lui , inrenl prendre place Cauchois-Lem tire, Arnold-Schell'er, I{œkli:1, Mcrilhou, avocat, de Cercelles, député, Voyer d'Argenson, député, :Il. de Schonen, conseiller à la cour royale de Paris; dès que l'on Cùnnul celte formation, ra,surées par la présence de La Fayetle et de ses amis, les adhésions furent très nombreuses: il y eut, ù Paris seulement, plus de cinquante ventes. Kœklin en fonda une à :llulhouse, et on distribua la France en trois sections dont chacune devait être couverte de ventes : est, avec Duchy comme directeur; le midi, avec Arnold-Schell'er; l'ouest, avec Rouen ainé, avocat. L'organisation de l'ouest commença tout de suite, et un jeune étudiant, nommé lliobé, fut chargé, avec des lettres de La FJyelle, d'aller parcourir celle région. Il se rendit à Saumur, s'aboucha avec quelques libéraux notoires, notamment avec l'aide-major Grandménil. Sa slupéfactton fut profonde: c'est qu'il trouvait en race de lui un groupement solide, organisé silencieusement par quelques hommes d'action, et qui s'appelait : Les chevaliers de la liberté. Ce grou~emcnt ~ébordait au-delà de Saumur, allait d'Orléans à Poitiers, de Poitiers à NJnles, de Nantes à Pairnbœuf. Il comprenait vingt mille adhérents, englobait dans son sein une grande partie de l'école des sous-otflciers de Saumur. Pour communiquer entre eux, il y avait des commissaires qui, infatigables, parcouraient la région, relevaient les
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