René Viviani - La Restauration : 1814-1830

HS Jl!STOJUE SOCIALISTE i2 000 francs que le litre rapporlail. Mais on ne douta plus de la volonlé royale et voici le résullal qu'enregistra avec Joie le gouvernement : iOOultra• royalistes, i59 monarchistes ministériels. Le 4 novembre, la Chambre s'ouvrit sur un discours royal qui irrita la minorité, puis1u'il lui rappelait • les écarts d'un zèle trop ardent ». La minorité essaya de lutter : elle vit tout de suite son infériorité numérique dans l'élection du burca11 où ses quatre candidats n'eurent que 80 Vùix, tandis que M. Pasquier el M. de Serre en réunissaient plus de ii2. M. Pasquier fut choisi. En vain M. de Villèle essaya de ranimer les colères en dénonçant la pression officielle qui s'était e1ercé~ dans divers départe• ments. La majorité demeurait compacte autour de !l'.I. Decazes qui ~avourait sa victoire et amoncelait en même· temps, sur sa tête, toutes les ranennes meurtrières qui bientôt devaient le chasser de la scène politique. Mais, on se le rappelle, il n'y a,ail pas de loi électorale: celle qu'avait présentée le Gouvernement arnil échoué devant la Chambre des Pairs, toute çhargée d'ailleurs des amendements ultra-royalistes qui l'avaient dénaturée, et on avait provisoirement gardo le mode électoral qui avail servi en 1815. M. Lainé présenta un projet, qui, toujours fondé sur le respect du cens, olfrait le mérite de la clarté : un seul collège dans le déparlemenl, composé des électeurs qui payaient trois cents francs, élirait des députés qui, eux, devaient payer i 000 fr. C'était le scrutin de liste, restreint à une fraction priviikgiée, et c'élajt surloul le second collège aboli, el la grande propriété atteinte dans son influence politique. La droite se sentit frappée du plus rude coup qu'elle ail encore subie. La discussion s'ouvrit le 26 décembre el, grâce à Royer•Collard, à Villôle et surtout à. M. de Serre, revêtit un éclat considé• rable. Le débat fut plutôt un débat social qu'un débat politique et toutes les inquiétudes des hauts privilégiés dessaisis au profit des privilégiés moyens passèrent en apostro;ihes, en sarcasmes, en injures à travers c,es discours, M. de Bonald, qui s'était proclamé le penseur de la droite dont M. de Villèle était le chef adroit et averti, résume toutes les craintes en une phrase : " Si, par des lois nées des habitudes révolutionnaires, en appelant les petits el moyens propriétaires, vous excluez de fait le.s chefs de la propriélé, c'en est fail de l'ordre social. -- • Les chefs de la propriété, c'étaient ceux qui devaient gouverner la politique. c·~tail là le plan social des ultra-royalistes et ils redoutaient, comme le triomphe de la révolution, cette loi qui cependant laissait à quelques milliers de privilé 0 iés le droit de disposer du pays. Tous les autres orateurs, surtout Royer-Collard, défendirent la loi, après quoi M. de Serre réclama, tout en se tenant prêt à voter la loi, que le commerce et l'industrie aient une représentation directe. C'est là le i;ermc de celle iùée de représen talion professionnelle qui a trouvé de notre temps quelques défenseur;. On s'étonne que celte théorie ait pu éclore en cet c;prit mOri par l'étule et la réflexion. Qu'est-ce que le commmerce seu1

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