Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

fü) UISTOIHJ<: SOClALlSTI<: bien appeler le pape à son aide pour celle œuvre parce que la papauté avait pour cela des moyens employés pendant des siècles avec succès, mais il n'entendait pas que Rome s'allard:l.l daus d'énervantes discussions ni sur• tout qu'elle l'obligeât à reculer !"avènement de sa toute-puissance. « Citoyen, j'ai l'ordre formel du premier consul de vous informer que , otre première dt'marche auprès du Saint-Siège doit l\lre de lui demander, dans le délai de cinq jours, une détermination définitive sur le projet de con,ention (•l sur celui de la bulle dans laquelle la ronvention doit être insérée qui ont été proposés à son adoption ... Si des changements vous sont proposés et que le délai expil-e, vous annoncerez au Saint-Siège que volre présence à Rome devenant inutile à l'objet de votre mission, vous vous voyez obligé il regret de vous rendre auprès du général en chef ... ,, Tels sont les termes de la lettre envoyée il Cacault par 'l'alleyrauct, le i9 mai i801 (2\J flo• réal an IX). C'l'lail l'ultimatum. Celle fois, le Vatic1n était acculé. Consalvi déclarait que si Cacaull 1iarlait le pape mourrait 1 , et lui-ménw s'étonnait de penser à la rupture sans mourir Loul aus,itôt. Quant à Pie Yll, absolument alterrr. il la pensée que Cacaull allait se retirer à Florence et l'armée françabe marcher sur Horne, sa première pensée fut de chercher un refuge, mais il s'aperçut, dès ses premières ouvertures il l'Espagne, que Charles IV n'avait nullement envie de l'accueillir, c·est•il•dire de se brouiller avec Bonaparte. Les cardinaux, consternés par la tournure que prenaient les événements, ne savaient que conseiller; le désarroi était complet, lor,q11e Cacault eut une idée; il alla voir le pape et lui dit : • Privez-1·ous de Consalvi quelques mois». EnvO)'Cr le secrétaire d'Etat à Bonaparte, c'était le flatter ~l tenter de le calmer. Le pape commença par pleurnr ainsi qu'il convient, puis il alla • demander à Dieu si le voyage peut être heureux ... » La réponse élanl sans doute insuffisante, il la posa aux cardinaux qui, d'une seule voix, déclarèrent qu'il fallait tenter de ce moyen. El Consalvi partit pour Paris, el, une fois encore, Bonaparte n'eut ni Je oui ni le non qu'il demandait. On peut trouver étrange que ce soit précisément le représentant du premier consul qui ait trouvé le nouveau procédé d'atermoiement. On a dit, et cela ne semble pas , rai: qu'il ne le lit qu'après entente avec son maître. En réalité, Cacaull tenait il cc qu'un lrailé fut passé; il avait déjà eu avec la papa'ulé des relations diplomatiques, il mettait en quelque sorte son honneur à ce que son rôle ne ftH pas inutile; en outre, il était un des rares hommes qui approuvassent la politique du premier consul en matière de religion et cela sans se faire illusion sur le caractère impopulaire de cette politique. Car, en effet, il prévi11t à bien des reprises Consah•i qu'en France on ne voulait pas d'un coq• cordal, et il !lt môme tant el si bien que Je cardinal, déjà effrayé à la pensée 1. Lettre de Caca.ult à. 'J'alleyrand, tS mai 1801. t. Lettre de Consalvi à Spina, 30 mai 1801. 3. Le rôle de C:'lca.uietst 1urlout connu par le livre de !IOD1ecréu.ireAr&.audp,ublié en tffl: Jlidoire du pape Pie VJI. ,

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