78 IIISTOlflE SOCIALIS1'1•: tentions, n'était guère plus malin que ~larliniana, aussi Ir pape lui adjoignit-il Ir général des Serviles, Cas~lli, lypp parrait du di plon,ale ecclé,iasliqu1': retors, lenl, habile dans l'art des concrssions el des sous-entendus. Bonaparl•' en eut vile as,ez des discussions il distance el il appela:\ Paris les Italiens qui arrivèrC'nl au début de novembre'· Le pape avait fort bien compris que le premier cousu! voulait avoir Spina près de lui pour mieux le circonvenir el lui arracher par unP action personnelle re quïl ne pouvait obtenir par négociations lointaines. Aussi s'était-il rêsigné diliicilemenl à le le laisser partir. Mais les troupes françaises prenaient Prsaro ... Pie \"JI, du moins, répéla bien 11 Spina « qu'il devait tout enlrndre, tout discuter, tout olJserver, ne rien conclure' ». On comprend que dans ces conditions les choses ne devaient guère avancer el cela d'autant plus que les demanùes de Bon~parle étaient neltes: reconnaissance par le pape du nouveau régime, c·esl-à-dire adhésion à la llévolulion, réorganisation administrative de l'Eglise de France par la démission de tous les évêques el la nomination partagée entre les deux pouvoirs de dix nouveaux archevêques el cinquante évêques, renonciation du clergé à tous ses biens territoriaux, mais traitement donné par l'État aux ministres ctu culte ... Interminablement, lrs discussions s·en~agèrenl sur ces principaux points entre le mousignor romain et l'abbe Bernier. Car Bonaparte avait enlevé à 'l'alleyrand, ancien évêque hostile à sa nouvelle politique religieuse, le soin de conduire les négociations et il en avait chargé Bernier, chouan trallre à sun parti mdis aussi rntelligenl que méprisable au point de vue de la rnoralité. Vouloir entrer dans les détails infiniment compliq11ès de la négociation, nous ne pouvons y songer. Dès le point de départ, la divergence lut profonde el Bonaparte, quel que fut ,on désir de lea·miner l'affaire, ne put la h:l.Lerpersonnellement, parce que la situation 1•xtérieure retenait ses préoccupations. L'Autriche, nous le verrons plus loin, avait, en effet, ,·epris la guerre et ce n'est qu'en )anvier !801, après les succès de Bmne en Vénél,ie, de Macdonald en Subse el smtoul la victoire française de Hohenlinden le 3 décembre, qu'elle demanda à faire la paix conclue à Lunéville le !l revrier 1801. Pendant ce Lemps-là, le pape demandait, par exemple, que le clergé ful mis en possession des liiens non encore vendus, ou le reluur d'or- ,ires religieux, ou le rétablissement de la diane, ou encore que les anciens p«'tres mariés fissent pénitence pour avoir le droit de reprendre rang parmi les fidèles. Mais quand, après Lunéville, Bonaparte eul fait marcher contre l'armée napoli laine el forcé Ferdinand a traiter (Florence, ~ mars 1801), quand les Français emenl envahi les Etals pontillcaux, Pie Vil comprit qu'il fallait jouer snré avec le premier consul el, tout en lui réclamant Bologne, 1. C'est. par erreur que ~I. Sorel, L'Hu,·opr d fa !Ut•olutfon f,·am;ai.,t, t. VI, p. f,61 dit lf' 8 octobre, c'<'Sl lt' 5 no,ernbre. 2. Sorel, O.<'., p. lit..
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