Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

48 111STOIR8 SOCIALISTE par les cqmmissions, le titre de premier consul. Il n'y a pas d'incon1énient pour notre élude à conserver celle division; mais, afin de mettre en lumière l'enchalnen,enl rationnel des phénom~nes hi.toriques, nous éviterons de suil're rigourememenl la méthode dite chronologique. Comment B.maparle, une fois mattre du pouvoir, a-t-il usé de sa victoire? Comment a t-il conlinué à réaliser le rêve de domination qu'il portail en lui? Voilà ce qu'il nous importe avant loul de savoir maintenant. C'est pourquoi ce chapitre se rappl'Oche étroitement de tout ce que nous al'ons dit de la Constilulion de l'an VIII. Cette constitution incomplète, Bonaparte a dû en appliquer au moins toutes les dispositions nettement énoncées el, par elles, poser les bases de l'ordre noul'eau. En outre, profitant de ses obscurités, il a été amené à la compl6te1' par des mesures émanant de sa seule autorité. Laissant donc de côté momentanément lùus les autres faits de polilique in!érieu,·e, tous les actes (!e politique extérieure, nous nous attacherons à étudier l'installation des pouvoirs publics, tels qu'ils ont été organisés par la Constitution eLnous mettrons en lulllière les procédés dictatoriaux qui ont remis à Bonaparte la souveraineté de l'opinion et ont centralisé dans ,a main toute l'administration de la République. A. - INSTALLATION DES POUVOIRS Bonaparte adressa au peuple françai,, aussitôl que les consuls furent entrés en fonctions, une proclamalion dont il est aisé de décrire le sens : • La modération est la base de la morale et la première vertu de l'homme ... Sans elle, il peul bien exister une faction, mais jamlis un gouYerne"!eut national. • Le langage que lient Bonaparte n'e,t en ,omme que l'expression des principes qui ont tlirigé les actes du consulat provisoire. Les mo:s d'ordre, de justice, de force, que l'on rencontre à chaque ligne de la proclamation consulaire, y figurent pour frapper les esprits, mais en réalité ils ne recouvrent rien que l'ambition du premier consul. • Sans la modération il n'y a pas de gouvernement national ,,, dit-il, et il pensait surtout que sans lui il n'y avail pas de gouvernement! La proclamation du 4 nivôse ne préser.te pas un inlérèt consi,lérable, car elle ne nous apprend rien de nouveau sur Bonaparte et nous n'en retienàrons que celle phrase, qui peut-èlre e;l la seule sincère et qui, en tous cas, nous donne bien l'expression d'un sentiment du premier consul : • La science el l'art de la guerre se composeni de toutes les sciences el de Lous les arts.» Il y a là un trait de lumière: au milieu de l'organisation du pays, dans l'instant où toutes ses facultés semblent tendues vers le désir de bien gouverner, selon « l'o~dre, la juslice et la force •• Bonaparte songe que l'art dé la guerre est supérieur

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==