Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

• w6 IIISTOIRE SOCIALISTE « D,:,TELLES-. Une ouvrière ordinaire emploie en,iron 10 mois pour raire une paire de manchettes d'homme en vraie Valenciennes. Le prix de ees manchettes varie suivant la perfection du travail: il y en a de 120 francs, il y en a de 300 francs. C'est donc le plus ou moins de perfection du travail de l'ouvrière gui détermine le plus ou moins de gain qu'elle fait, car la matière première n'est presque rien, à peine entre-t-il de 15 à 20 francs de Ill dans une paire de manchettes, quelque belle qu'elle soit. Une bonne dentellière gagne facilement 300 francs par an; il y en a qui en gagnent 400; aussi, on peut dire que le principal bénéfice de celle fabrique n'est pas pour l'ouvrière. Toutes ces dentellières travaillent pour le compte de commerçants en gros établis dans la ville. Ceux-ci ont chacun un certain nombre de dentellières; ils ont leurs dessins qu'ils communiquent à ces dernières; ils rouruissent le Ill, font des avances, payent des acomptes sur une pièc• à mesure qu'elle se confectionne; par ce moyen, les ouvrières sont liées au point de ne pouvoir travailler pour d'autres, et leur main-d'œuvre esl toujours à un prix très modéré.· « Que si, la pièce étant achevée, le commerçant oltre un prix qui ne convienne pas à l'ouvrière, celle-ci a la raculié de retirer sa pièc• en payant la valeur du dessin sur lequel elle a tra,·aillé, et en restituant les avances qui lui ont été faites. Cela arrive rarement, l'ouvrière devant naturellement craindre de n'avoir plus de nouveam dessins el de ne pouvoir pas vendre sa dentelle dès qu'elle est finie. Il en résulte qu'elle est absolument dans la dépendance du fabricrnl. « Une ouvrière dentellière travaille ordinairement depuis 5 heur~s du matin jusqu'à 8 heures du soir; en hiver, elle veille. Celle à qui celle longue journée de travail a rapporté i franc à i Ir. 25 se trouve bien payée; leur gain ordinaire est de O fr. 75 à i lranc. » lln voit que l'exploitation capitaliste s'était déjà faite fort ingénieuse aux d ébuls du x1x• siècle 1 « ETOFFESDECOTON- . Chaque métier emploie un tisserand dont la journée peul être évaluée dei fr. 50 à 2 francs par jour. Les autres ouvriers e,uployés à celle fahrique sont : • Les redoubleurs qui gagnent de O fr. î5 à O fr. 00. « Les bobineurs, de 1 franc à i fr. 20. « Le~ épculeurs, 1 fr. 50. • D'autres a1,1enlssont employés à retordre, teindre el ourdir, dont la journée peul Nre évaluée au prix moyen de i rr. 50. « FILATl:REDELAINEPEIGNÉE-. En 1789, les ouvriers gagnaient O fr. 40; en l'an IX, les ouvriers gagnenlO fr. 45. • FABRIQUDEEMOLLETo"-s. Le salaire du tisserand était à Lille de 7 rr.60

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