Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE 527 de la Seine-Inférieure en a informé le ministre dans plusieurs lellre.s, dont la dernière annonce que cet élal de choses empire tous les Jours. • Les petites fabriques isolées el dis,éminées dans les campagnes sont, Jusqu'à ce Jour, les seules qui. ont dO succomber; les ouvriers qu'elles alimentaient trouveront peul~tre, dit Je préfet, des occupations d'une autre nature. Mais la crise se prolonge, le désastre des grands ateliers de Rouen ~sl tgalemenl inévitable; les ouvriers qu'ils occupaient n'auront d'autres ressources que la mendicité el le vagabondage. • Dans celte position, le préfet a proposé au ministre de supplier Votr~ Majesté de vouloir bien faire des avances de secours à ceux des r.1bricants qui seraient en étal d'en garantir Je remboursement par des sOretil, constatées au préalable. Le ministre a de suite invité le préfet à lui dé~igner les chefs de grands établissements qui pourraient être dans le cas d'a1oir recours à la bienveillance de Sa Ma1esté, el lui a adressé à ce sujet les instructions nécessaires. • D'un autre côté, le ministre examine en ce moment quelques autres moyens parliculiers qui lui ont été proposés pour procurer de suite du travail à la claEse indigente de Rouen; mais, en attendant, il n'a cru devoir différer de mettre sous les yeux de Sa Majesté un aperçu de la situation de la place de Rouen •· Comme Rouen, Lyon réclame aussi l'intervention gouvernementale pour être sauvée de la misère. Cela ressort d'une pièce intitulée: • Compte rendu des réclamations de la fabrique de Lyon • : • Je mets sous les yeuY de Votre Majesté. dit le mini,lre, les renseignemenL~qu'elle a demandés sur l'étal de la fabrique de Lyon. • Elle verra que le nombre des métiers de Lyon et de ses faubourgs s'otail successivement élevé jusqu'à 14000; « Que chaque métier fait vivre quatre individus; • Que sur les 14000 métiers, la Chambre de commerce a obtenu des renseignements positifs pour les deux tiers et qu'on ne peul guère juger du tiers re,tant que par analogie; « Que dans l'étal actuel, la moitié des métiers est sans activité et qu'on peut craindre que celle progression de non activité crois~e encore. • Que les commandes manquantes pour cet hiver peuvent être évaluées à 120000-00deCranc~, dont on peut rigoureusement espérer encore la moitié, de sorte que c'est à remplacer l'e!Jet de commandes pour 6 000 000 de francs que se borne en cet instant la demande de la fabrique de Lyon. • J'aurais dé8lrt\ un état circonstancié des demandes faites el de celles l'évoqu6es ou manquantes, mais les fabricants qui ont apporté Je vœu de la

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