Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

111STOIRE SOCIALISTE U3 le créateur el le mallre indiscnlé. Pourquoi rtonc Bona1 arttJ n'aurait-il pas créé des titre~, tout comme les rois d'antan? r,,, druit de fairtJ de, nobles n'était-il pas un des pdvilèges du pouvnir ~ouwrain? Let noblesse impériale fut donc créée. L'institution de l'ordre de la Légion d"honneur, sous le Consuial, avait été le premier pas dans la formation <l'une nouvelle aristocratie: c'est ce qne met en pleioe lumil>re ,I. l\ tis dan, son livre : /,,a ,·eprésentatinn des aristocraties, que nous a\'Olls déjà cilé. Berlier, au Conseil d"Elal, a1ail fait la réflexion que • l'ordre proposé conduit à l'aristocratie». El le premier consul, qui n'en était pins à s'émouvoir d"une violation aax principes de l 780, de répondre : • Je ne crois pas que le peuple français aime la liberté et l'égalité; les Français ne sont 1as ch·•ngés par dix ans de rholulion. lis n'onl qu'un sentiment : l'honneur. Il leur faul iles 1lislinctio1,s .•. On a lout détruit, il s'agit de recréer. • El on passa outre les objections de Chauvelin, qui disait au Tribunal : « La Ll'gion d'honneur renrcrme tous les éléments qui onl fondé parmi tous les peuples la nolilesse héréditaire: on y trouve des allribulions particulières, des pouvoirs, des honneurs, des titres et des revenus fhes. Presque nulle part la noblesse n'a commencé aver tant d'avantages. • Elle commençait en elîet. Le stcond pas de Napoléon dans crlle voie fut fait en 1806, après le trailè de Scbœnbrunn et la déchéance des Bourlions de Naples, quand, le 31 mars, le Sénal reçut communication de divers décret•, parmi lesquels la principauté de Neufchâtel élail conîtit·ée tn loute propriélé el sou,erainclo au maréchal Berthier. Un aulre décret érigeait en 111èrue temps en duchés, gra11ds !kfs de l'empire, la D,,lmalic, l'hlrie, le 11rioul, etc., elc .. donl :Napoléon se pro1.osail de donner l'iu1e,tilure, pour èlre trau,mis héréditairement, par ordre de primogéniture aux ùescenllanls màles cle ceux en faveur de qui il en aurait dispo,é. Sh autres grands fiefs furent institués dans Je royaume des Deu.i-Siciles. Le troisième pas fut fait par le soinatus-cousulle du i6 août de la même année, ainsi conçu dans son article 5 : • Quand Sa Majesté lt• jugera couvena!Jle, soil pour récompenser de grands sen ices, soil pour exciter une noble émulation, soit pour concourir à l'éclal du trône, elle pourra autoriser un chef de famille à subsliluer ses biens libres pour former la dotation d'un titre héréditaire que s~ lllajesté érigerait en sa faveur, rever,ible à mu fils ainé, né ou à natlre, et à ses descendants en ligne directe, de mAle en mille, par ordre de primogéniture». C'était la cl'l!ation des majoral8, régularisée plus tard, en 1807, par l'introduclion de oetLe d isposilion dans le Code civil devenu le Code N1poléoo. Enllu. le 12 mau t808, l'archichaneelier Cambacérès vint lire au Séoal

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