410 HISTOIRE SOCIALISTE LA FR.\:'iCE l:'iTl::HIEURE CHAPITRE PREMIER LE~ >IŒL"RS ET LES l~STITtTIO~S Depuis longlemps déjà, 110·1~ nous sommes l.lissés entrainer à travers l'Europe, à la suite des armôrs impériales; nous voudrions revenir maintenant à l'hi,toire intéri ure de notre pay-. tâcher de saisir quelqnes détails ile sa vir intime, et reposer ncs yeux '"'" des tableaux moins répugnants que ceux de tant de champ; de bal tille ensa·,glanlé,. Pendant que le canon lo mail un peu partout, pendant que des milliers et de~ milliers d'hommes s'offraient en holocauste à l'ambition elîrénée du conquérant, l'exislence nationale n'ét1it point pourtant suspendue: malgré les terribles saignées de la con,criplion, mal,:ré les continuelles hécatombes exigées par la frénésie de Napoléon, il restait de~ paysans pour remuer le sol de France, il re,Lait des ouvriers JIOUrpeup Ier les usines. Nous ne voudrions oublier ni les uns ni les autres, el, ;:i haut que parle la poudre à cette époque, el!~ ne doit p15 nou, em;,êch•'r de prêter l'oreille aux gémissements limi !es clu prolétariat, de connattre les maux dont il soulîrit, de savoir, autant que de rares documents le perm0ttent, ce que lui rapportait de bienètre ! , ,:Joire na:>oléonienne. Mais auparavant, débarra-sons-nous, aussi rapidement que possible, de l'cxpo,é, püurlanl néccs,aire, des événements politiques qui, depuis Ti!silt Jusqu'à la guerre <leRussie, constituèrent ce que nous pourrions appeler la vie offlcielle de la France. Au lendemain cle Tilsitt, Napoléon paraissait résolu à laisser Je pays re• prendre haleine après les terribles chevauché~sd'léna, d'Eylau et de Friedland. • J'ai f.,it assez le métier de général, dit-il à Cambacérè:;, je vals reprendre avec vous celui de premier ministre. • Et celte décl.iration paciOque ne contribua pas moins que les victoires récentes à assurer à Napoléon un accueil triomphal quand, au mois de Juille1. i807, il revint s'in~tallcr au palah de Saint-Cloud. L'enthousia~me populaire s'affirma par des illuminations, dta cris, des ,ivats; J'enthousiasme ortlciel, par des discours dont la platitude doit être soulignée, tant elle décèle, chez la haute bourgeoisie du temps, de méprhable basses,e.
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