Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

438 lllS'fOIRE SOCIALISTE atteindre. On égon;e dans les rue; de Leipsig: 1:rnoo des nôtres sont, en qurl ,ue sorte, assassinés; prùs de trente mille Fra11çaiq, des généraux, Ré- !snirr, Lauriston ,ont faits prisonniers: l'ennemi est las de tuer. L'effet de ce désa,lrc fut immense et ruina le prestige impérial; les trahisons se multiplièrent, et !"on vil des régime ols, au sorlir d'Erfurl, ,e disperser sans qu'au, une injonction p0t rétablir en eux un se11lirne1 L quelconque de discipline. La démorafüation la plus complète gangrenait à nouveau les jeunes troupes de Napoléon, comme au sortir des plaines cle Russie. L'empereur, dont l'armée décimée par ces catastrophes successives ne comi,lait i,Ins guère qu'une centaine de mille homme,, se Jeta précipitamment da11:,la din,ct:on du ll~in. Le 29 octobre, il se h eurla, à Hanau, près du llein, à une armée auslro-bavaroise Corte de 50000 hommes que commandait un ancien allié de l'Empire, le comte de Wrede. L'habileté de Drouul, qui prescrivit à l'artillerie de très remarquables mouveme nts lactique~, triompha de ce nouvel obstacle. Les Darnrois durent livrer le pa-sage à nos troupes et se retirèrent, complèlemcnls défaits, après avoir subi de gros~es perles. Le, Français, à qui celle dernière victoire lais.ail quelque répit, g;1!(ot'rent ~Iayence et le !lhin, en nove,nbre; ils s'y trouvèrent tous ré unls au, premiers jours de décembre; la fièvre typholùe se déclara soudain l"l fit encor,•, au ,ein de ces bataillons mutilés et ,aincus,d'innombrables victimes; enfin, ce qui restait de celle armée, jusque là valeureuse el r,resque pareille à celles qui, quelques années aupara\'ant, avaient bouleversé l'Europe, passa l,tmentablemenl le Rhin. De pelils corps furent ensuite détachés auxquels la défense du fleuve fut conl\f\e, et l'on commença d'enregistrer les ruaiheur; nou10aux qui accablaient les troupes abandonnées 1,ar Napoléon dan, les places fortes de l'Alle·uagne. Les garnisons cantonnées à Torgau, à Witlrmberf(, à ~Iagdebourµ-, à Sletlin et à Glogau capitulèrent, tandis que Goul'ion-Sainl-Cyr évacu1it Dresde. Seul, Darnust tint bon à Hambourg; seul, dans ce dé,ordr,•, il m·tinlint au cœur de la vieille ville hanséati•1ue le prestige de la conqm'te française; il devait y demeurer jusqu'à la chute de riapoléon. Simultanément, l'Espa3ne avec Wellington, el la Hollande avec Bislow recouvraient l'autonomie de leurs territoire,, en chassaient les Français, l.rndis qu'Eugène, pressé par les Autrichiens el par l'armée de Mural qui souhaitait régner sans contrôle, quittait l'Italie. De toutes parts montait celle marée furieuse, irrésistible, des peu1 les assoilfés de vengeance; l'Europe, longtemps lerr3.S$ée, brQlait maintenant d'écraser celte nation intrépide et trop fameuse; des armées ras<emblées sur toutes les roules orientées vers la France n'attendaient qu'un signe pour agir de concert. Enfin, à lïssue de la campagne d'Allemagne, en 1813, Il ne restait plus

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