Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIIS'l'OIIU: SOCIALIS'l'i, insprdeurs de l'armée, llgurail l'expresse recommandation d'amener au plus tul de,anl l'empereur les notable, ùc la ville Cl les représentants de son gou1ernemenl. Force fut bientôt it :Sapoléon de ,aisir la situation sous ,on Yéritable jour. L',•nlrée des Français no ressemblait guère à un délllé triomphal de vainqur11r,. Pcnda11tque s'organi,ait dans les diver, quartiers de la ville le cantonneme11l des troupes, l'empereur visitait les palais du Kremlin, contemplait Ir mirage splendide que créaient les arcbileclures des innombrables é~lise,, s'émerveillait de la beauté cl du prestige de l'antique capitale, dont les sacrilèi,:cs de,-ei11s de Ro,lopchine, mis à e,éc11tion par quelques milliers de ban tlils, allaient l11entôt con,ommer la ruine. Dans la nuit ùu i<>, lïnce11die éclata dans des magasins que remplissaient des denrée, commerciales de Loule nature. 011 put espérer, un in,tanl, qu'on ,'en rendrait maitre, mais il fallut bientôt saisir toute l'inulilil(· des elforls tentés: le feu se propageait avec une ra1,idilo inouïe, gagnant les palais el les églises, se rapprochant même des cai»ons de poudre de l'artillerie française. De,anl l'imminence du péril, :Sapoléon f\l évacuer la ,ille par le~ troupes. Sur les in;,lances du général Lariboisière qui lui signalait avec une pathétique a11goisseles chances d'explosion du Kremlin où les munitions de l'armée avaient été concentrées, !'Empereur consentit à quiller la cita,Iellc, emmenant avec lui ceux qui l'avaient, par leur bon sens el leur intelligence dune ,iluation si terrible, pré,erv6 d'une mort stupide. L'incendie dura pln~ieurs jours, faisant des ra,ages inconscients dont la cruauté dépa-se tout cc que l'imagination peul inventer. Les i5 000 bles,(•s ru,ses de lloroùino, qu'on avnil laissés dans les ambulances de la ville, furent lmllés; des milliers de maisons, des centaines d'églises dcvi11renl la proie des flammes; tout ce qui n'arnil pas él6 détruit par le feu fut pillé p~r nos soldats el nos alliés, exaspérés par les tourments cl les dangers que leur avaient l:til courir les incendies. De stupides profanations, des r11plssans raisl)n, dès de,lruclions de tc,utcs sortes marquèrent dans les fglises me.veilleuse~, toutes remplies d'icônes précieuses el de remarquables sou 1enirs, les traces trop mémorables d'i.;nc soldatesque ivre ou imbécile. On dut ensuite, lorsque tout fut éteint, réorganiser les cantonnements el répartir les \Î\Tes qu'on avait découvert, dans des caves où Je feu, par bonheur, n'avait pu les atteindre. Pendant ce temi,s, Napoléon dont les craintes sur l'i•sue de la campagne ne faisaient que s'accroitre, s'elforçait de fortifier \lu,cou el prélen lait mellre la ,ille en étal de défense afin d'y facilitP,r le séjour de ses troupes el, pour prévoir les éventualité~ d'un retour olTensif cl.es Russes. li ne négligeait rien cependant pour arriver à la conclu~ion d'une paix qu'il voulait digne de son passé de ,·icloire et du prestige qu'il gardait, mais qu'il sentait absolument nécessaire. Le général rlllll

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