Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

388 HISTOIRK SOCIALISTE force par :'lapoléon, serait rrndue à peu près inefficace; les souverains n'en faisaiPnt-ils pas donner secrètement l'assurance à Pétersbourg? Ces préparatifs belliqueux de Napoléon ne l'avaient point emp~ché, quelque temps auparavant, d'assurer le tsar de son désir de maintenir la· aix et de ses bonnes intentions. C"étaient là d'ingénieux passe-temps de,t'n~, à l1Jipermettre de poursuivre l'organisation définitive de ses effectif, et dP ses armements; trois corps d'armée français, en effet, avaient atteint l'OclPr tandis qu·on tentait encore, qe part el d"autre, de se prodiguer de bonnes paroles, mr l'effet desquelles personne ne s'illmio11nail. Alexandre rivalisait d"aill,.urs de fourberie avec l'empereur : le 5 avril 1812, il signait avec Bernadolle, prince ro)al de Suède, un traité d'alliance offensive el dô!ensive; 30 000 Suédois devaient attaquer la Grande Armée eu Allemagne; en échange de celle coopération, la llus,ie garantissait à la Suède l'oblcnlion de la 1ion·ège. Soucieux de se concilier, à défaut d'autre altitude, la neulr lité, sinitulièremcnt bienfaisante en la circonstance, de l"Angleterre, Napoléon adressa, le 17 avril, à lord Castlereagh, des propositions modér~es en appar,·nce; toutefois, el c'était le point auquel l'Angleterre était fort attachée, Napoléon pritendait maintenir Joseph Bonaparte, piteux monarque, sur le trône d'Espagne; il n'en fallait pas davantage pour faire cesser des né~ociJlions entreprises, de part et d'autre, avec un zèle si médiocre. L'Angleterre, cependant, ne paraissait pas disposée à mer de magnanimité à l'égard de celui qui s'était efforcé de la ruiner : le 3 mai 1812, elle adhérait au lrait.é suédo-rmse et sa participation à celle coalition olîensive dev&il avoir pour nous d'as~ez fàcheus es conséquences. L'accueil fait par l'empereur à l'ullimatum d"Alexandre présenté par Kourakim, a\'ait précipité les événements. Le tsar avait pressenti l'insuccès fatal de la démarche et des réclamations confiées par lui à son ambass;,.deur; sans en attendre le résultat, il rejoignit son armée, vers la fin d'avril, à \\ïlna. li comprenait la nécessité qui s'imposait à lui de ne point laisser s'écouler de jour qu'il n'eût plus solidement organisé la résistance; de plus, il voulait prévenir toute surprise de nature à démoraliser ses troupes. Le 9 mai 1812, Napoléon quilla,t Paris, accompagné de l'impératrice Marie-Louise. Le Moniteur officiel de l'empire annonça que le départ du sou· verain n'avait pour objet que • l'inspection de la Grande Armée réuuie sur les bords de la Vistule •· C'était en réalité le Mparl pour la guerre; mais l'empereur \'oulail donner !e change à l'opinion publique el prétendait même persuader encore le tsar de la sincérité de ses sentiments pacifiques. Napoléon el Marie-Louise firent leur entrée à Dresde le t6 au soir; ce ruLJe début de fêles magnifiques qui ne durèrent pas moins de quinze jours et pendant lesquelles les princes de la Conl'édéralion du Rhin, l'empereur el l'impératrice d'Autriche ,inrent porter au souverain français leurs adulalio_nset leurs hommages empressés. Le roi de Prusse, désireux d'obtenir quelques dédom-

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