Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

380 H !STOIRE SOC!AL!ST8 11'r1îl-PIICras été une lamealable défaite de la llussic, la ruine de son presti;.reel du pas8é de victoires sur lequel elle avail fondé sa domina lion? Dès lor,, en présence de telles éventualités, Alc,aadre, soucieux dr les dissiper à jamais, mil loul en œuvre pour· olilenir de Napoléon que la Polo!(ne ne fùl poinl rétablie. L'empereur con•enlil à en donner, par l'intermédiaire de Caulaincourt, les formelle, assurances. Ces déclarations ne calmèrent point les inquiélucles d'Alexandre, qui décida de devancer l'effet des projet, ~gressifs qu'il imputait à Na1oléon, non sans quelque raison, par de formidables concentrations de troupes dans les ré!(ions rnisines du grand-duché de \"arsovie et, nolammenl, en Lithuanie. Pré1enu de, agissements du czar par les Polonais, mis au courant des instructions données par Alexandre à ses armées, Napoléon réponclil par des envois de renforts à Danlzi!(, à Hambourg, où furent concentrés d'immenses aprro1·isionnemenls: il pré,inl en m~me temps ses alliés el leur enjoignit de mettre sur pied le contingent de leu•s forces. Les troupes d'Italie se préparèrent, les troupe, polonaises reYinrenl d'Espagne pour se metlre à nouveau à la disposition de l"empereur: les princes de la Confédération du Hhin furent mis dans l'oiJligalion de mobiliser sans retard leurs corps d'armée. Na1oléon brûlait de communiquer à ceux qui l'entouraient les ressentiments dont il était animé contM la Russie; ses coutumes de brusquerie impérieuse, sa l'iolence naturelle cl ses cnergics perpéluellcmenl belliqueuses l'emportèrent bientôt sur l"allilude apparemment pacifique qu"il a1ail affecté de garder jusque là. Au colonel 1'zernilchelT, envo! é par le czar pour se renseigner sur les préparatifs intérieurs el ks armements décidés par l"empereur, Napoléon faisait, en termes violents, re,- posé des forces dont il disposait el, tout en proleslaut du désir qu'il éprouvait de maintenir l'enlenle de la France el dela Russie, il laissait comprendre qu'il ne céderait point aux instances dont il était l'objet, el qu'il saurail, au besoin, répondre par la force au~ réclamations du czar concernant l'Olden• bourg et la Pologne. ~lalgré les instructions pressantes de son mallre, el les démarches qu'il lenlail au))rès de l'empereur pour faire aboutir sa mis,ion, Tzernilchdf ne put obtenir de Napoléon que de V3b'l1espromesses relati,e;, à l'indemnité que le czar exigeait pour l'audacieuse réunion de l'Oldenbour~. L'échec de Tzernitcheff, sur ce point, ne Ill qu'indisposer plus profondément Ale,andre; les renseignements secrets qu'il a l'ait pu se pmcurer, par l'intermédiaire de cet ~nvoyé, el d'un certain Mirhel, employé au ministère de la Guerre, gagné à prix d'or par l'aide de camp russe, l'informèrent en outre des ressources el des desseins de Napoléon. Il se hâla donc de compléter ses propres armements el se prépara à une résistance habile, patiente, singulièrement efficace, el qui devait d6lerminer nn peu plus tard l'effroyable ruine de la Grande Armée. A peu près -vers la m/lme époque, certains changements furent introduits par ~apoléon dans l'organisation iliplomalique, l~uels, oomme on JIIMWIU

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