Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

3<H HfSTOlllE SOCIALISTl.s Et c'esl ce régime d'infamies el de massacres, de terreur, de tortures, de tu,ries et de pillages que les césariens, moins de cent ans apr~s, veulent imposer encore à notre civilisa lion 1 Pour ég~ler la férocité tyrannique du mallre, il n'y a l'ait que la lAchelé révoltante des valets. Et, parmi ces valets, ceux dont l'échine était la plus souple, dont l'aplatissement paraissait le plus abject furent les membres du Sénat impérial. Nulle · assemblée ne mérita, dans l'histoire de notre pays, plus de mépris et plus de malédictions. C'est à lui, c'est à sa complaisance que ;'iapoléon venait demander, pour la forme, les levées d'hommes, les appels de conscrits. C'e_st à lui que, sur un ton comminatoire, l'empereur dictait ses ordres el quaml, le 15 ao1l.t 1809, le ministre Cl:ampagny vint lire un rapport insolent, où la guerre contre l'Autriche était déclarée, il ne se trouva ras un membre pour faire entendre un murmure de proteslalion contre une campagne où lanl de sang français allait encore se répandre. Au contraire, une adresse ful rédigée par les plus vils flalteurs, pour remercier Napoléon de sa communication, et lui offrir en holocauste les 30 000 hommes de la conscription de 1810. « On se demande, s'écrie un pamphlétaire anonyme, dans une brochure du lemps, intitulée: Les Quatre Philippiques 1 , on se demande si ce n'est pas le Sénat préposé à la conservation de nos institutions qui a creusé l'abime où nous nous trouvons en inventant el fondant successivement le tyran el la• tyrannie, .er, donnant l'apparence de formes légales à toutes les mesures atroces proposées par Je tyran, en envoyant annuellement deux ou trois cent mille hommes à la boucherie! • Et plus loin : • Vous, sénateurs de Bonaparte, vous, ses compagnons de la journée de Saint-Cloud, ses adeptes sous le Consulat, ses muets lors de l'assassinat du duc d'Enghien, ses témoins ou ses juges dans le procès de Moreau, vous rece,ez chaque mois le prix de la terr~ur impériale que vous répandrz dans lou Lesles familles 1 • • Ce corps. écrit Grégoire dans ses Mémoires, qui devail être si auguste, n'a guère été que le bureau d'enre 6 islrement des volontés d'un tripot qu'on appelait la réunion. On n'arrive aux séances <luSénat que pour faire ce qui e,L fait. .\ l'idée de Sénat conservateur devaient s·a,;socier des idées imposante~, et sur elles devaient reposer les espérances nationales. Qu'a-t-ilconservé 7 Hien qur le traitement de ses membres! » Une caricature intitulée : Manière de voi,- sous l'Empire, el conservée aux estampes de la Bibliothèque nalionale, représente un sénateur ayant la bouche, les yeux et les oreilles bouchées avec des pièces d'or 1 1. \~oir la. Rtprbentation dta aristocratit1 dG,u lu Cht1mbru havtu, par J1de, Rait. Parb, Hl00.

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