3',0 IIISTOIR ~ SOCIALISTE El l'orgueil des victoires, même chèrement payées, ne vienùra plus que rarement oITrirune misérable compensation à tant de désastres accumulé s; nous touchons en e!Tctà la période du déclin de la puissance napoléonienn e, et la c-uerre d'Espagne, où nous allons entrer, va marquer le premier a rrêl 1 de l'aigle clans son vol audacieux. CIIAPITRI~ Il LES GrERRES o'ESPAG~E Lorsque sur son rocher de Saintc-Jlélène, Napoléon, auA dunièrcs années de sa ,·ie, jeta vers le passé un supr~me regard, essayant de juger ses pro pres actes et de prononcer un arrêt historique sur son œuvre, il s'écria, diton, que la guerr<! d'Espagne était une des plus grandes fautes de sa polilique. Il n"était pas besoin, en vérité, d'une profonde perspicacité pour arriver à une telle constatation; comment l'empereur déchu aurait-il pu se d issimuler à lui-même les con•équenccs désastreuses d'une guerre qui porta Je premier coup à son prestige de conquérant jusque-là invincible. Certc, oui, ce fut une grande faute, mais faute iné,itable, toutelois, que l'impitoyable logique drs événements devait irrésistiblement le pousse r à commettre. Nou~avons déjà montré, dans le drnpitre précédent, que l'erreur décisive fut l'établissement du IJlocus continental; unt fois celle-là commise, toutes les autres devaient en découler naturellement et entrainer Napo léon à une longue série de campagne, pénibles et nélastes, où allait peu à p eu pâlir son éloile. Mais il se lança dans celle aventure a,•ec une particulière légèreté, néf!ligcant pour la première fois peul-êlre les plus élémentaires précautio ns, i<:nor,1nl tout de ce pays cù il s'aprr 'tait à lancer ses armées. Il ne conn~is- ,-,it ni la topographie du fulur théâtre de la guerre, ni surtout les disp o~ilions, les mœurs et le caractère du peuple auquel il allait se heurter. On rit~ ce mol qui témoigne d'nn a,euglemcot étrange:• Si cela devait me cailler 80000 hommes, disait-il, je ne le ferais pas, mais cela ne m'en cotUera pas plu, de 1:2 000 •· El pub, au lendemain de Ti!,-ill, ~apoléon s'illusionnait complètement, se croyant 1•ncore désiré, allendu, appelé par les peuples impatients de s'émancip1·r. Pourtant une grande clarté s'était faite dans toutes le, r onsciences à cr sujN, et Sainte-Beuve, en quelques molll, a marqué le nouveau sentiment qui ,cnail soudain !'e grouper les résistances. « l'iaJ olton rep1éHntait, dit-li, la Rtholution dans son principe d'égalit.6
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==