HISTOIRE SOCIALISTE 3ll « Pour juger à fond celle question des neutres, dit Schlegel, il nP. faut pa, perdre de vue la nature de la guerre mari lime: elle se fait principalement p,rnr les iolérêls du commerce; elle deviendrait loul à fait. illu,oire, s'il o'élail pas permis d'allaquer, par tous les moyens, la na,igalioncommerciale de l'ennemi. C'est ce qui a autorisé l'usage de s'emparer de toutes les prop, iétés particulières des sujets ennemis, exposées sur me:·, ou mème de les détruire ce qui, dans la guerre terrestre, e,l réprouvé comme une barbarie). • De !l,·u, puissances belligérantes :;ur mer, la plus faible sera naturellemenL portée à füvoriser les neutres qui peuvent lui rendre les services les plus importants. Les vais,eaux marchands sont-ils confisqué, dans ses p ,rls, faute d'escaùres assez nombreu,es pour les protéger? Les neutres de1·iennent ses commi,;>ionnaires: ils font le transport des marchan lises entre la mèrepatrie et les colonies, si on le leur demande, entre les deux 1>aysennemis même; et les sujets de la puissance qui a recours à eux ne perdent par cel expédient que les profils du fret, en conservant ceux du commerce. « Ce serait donc un excellent mélier que celui de 1!eulre dans une guerre marilime, si les puissances belligérantes étaient dupes rle ces prétendus droits de neutralité, au point de n'y mettre aucune re,triction. • Leurs flottes se morfondraient dans des croisières infructueuses, tout au plus elles lineraienl quelque combat à l'ennemi pour l'honneur de leur pavillon: mais tous ks profits de la guerre seraient pour des Etals qui n'en auraient pas voulu partager les risques. • Il est inutile, pour éclaircir celte matière, de remonter aux pri11cipes du droit naturel, dont les décisions sont sou,·ent ,·agues sans le concours du droit positif fondé sur les traités, el surtout insuffisantes pour des relations ati,:si compliquées que celles du commerce entre les nations civilisées. Les droits de la neutralité ne pourront donc ètre limités que par le conflit entre les dé,avantages récipro~ues el ceux d'une rupture. Pour les puissances belligéra,.te>, il s'agira de sa,oir s'ils doi\ent préférer la guerre déguisée que leur font les neutres ~ une guerre ouverte; pour les Etals neutres, s'il vaut mieux soumetlre leur navigation à quelque gêne, ou l'exposer tout entière.• • On accorde généralement aux belligérants maritimes le droit d'empêcher l'importation de contrebande de guel'fe chez l'ennemi, et celui de bloquer un ou plusieurs de ses ports, ce qui, eu cas de contravention, implique la confl.scalion des bAtimenls neutres. Il ne s'e.sl élevé de dispute que ~ur le 1lroil d'enlever des propriétés ennemies sur les vaisseaux neutres et par con- ,équenl de les visiter, et sur le blocus des côtes• • Pendant la guerre d'Amérique, la neutralité armée proclama le prindpe • que le pa\'illon œuvre la marchandi$e •· L' Anglel.ene ne reco1111altra jamais ce pr1nt:ipt,et elle a raison de ne pas le faire: cette prétention pous- • à la rigueur, non seulement mettrait les puissances belligérantes à la
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