Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lllS'l'OIRE SOCIALISTE " Sire, en arrèlanl ses regards sur les productions les plus distinguées de l'industrie lyonnaise, Volre ~{ajeslé l'a déjà puissamment encouragée, lui a donné un nouvel essor et assuré de nouveaux succès. Elle a daigné cependant conserver celle journee par des bienfaits multipliés. Elle a r~marqué le nouveau métier du sieur Jacquarl, qui supprime dans la fabrication des étoffes brochées el façonn?.es l'emploi de la tireuse, supprime aussi une quantité considérable de cordages el rend la fabrication beaucoup plus économique, invention ingénieuse de l'artiste mécanicien le plus habile que Lyon possède aujourd'h•Ji dans son sein. Elle a daigné lui assurer une prime de 5Q francs par chaque métier qu'il livrerait sans fabriquer. J'ai pensé justement que comme ce métier sera bientôt d'un usage général, il convenait de limiter à six années la délivrance d'une prime qui pourrait s'élever très haut si elle restait indéterminée pour sa durée. Votre Majesté a annoncé l'intention de remplacer les quatre ouvriers auxquels elle avait daigné accorder des pensions lors de son dernier passage, el qui sont morts dans l'intervall~ J'ai pris, relativement à ce choix, l'a,is de la chambre de commerce. Elle m'a désigné d'abord ,Mm• LaFalle, veuve d'un mécanicien célèbre auquel l'ancien gouvernement avail accordé une pensiùn <le1500 livres, dont les découvertes furent de la plus haute importance pour les fabriques lyonnaises. Elle m'a désigné ensuite les frères Richa~d el Gaillard, ouvriers distingués, le premier comme chineur; le second pour la fabrication des étoffes brochées et façonnées, recommandables d'ailleurs par leur a.ge ou leur caractère. Enfin e11em'a entretenu du sieur Gouin père, leinlurier d'un grand talent, auteur d'un très beau noir qui porte son nom, que rétranger ne peut imiter, qui est très précieux pour nos étoffes, et dont cet artiste conserve et veut ensevelir le secret. En accordant une pension à cet artiste, il était nécessaire de s'assurer, d'une part, que son procédé serait conservé el transmi~, de l'autre, qu'il ne serait point publié ... » Ce qui se faisait à Lyon se faisait partout sur le territoire, et surtout se fera pendant le régime du blocus continental, lorsqu'il apparut comme indispensable de mulliplier les sources de revenus industriels el de garder jalousement les secrets des ouvriers ou artisans français. Sur les manuraclures des Gobel;ns el de Sèvres, nous pouvons donner deux rapports' de l'année 1806 qui nous fonl cunnilllrc leur situation. Pour les Gobelins, le rapporteur - qui n'a pas signé - nous dit avoir vu au dépôt les tableaux à exécuter en tapisserie, el il ne cache pas que « la gran .e majorité est au-dessous du médiocre "· Ce qui l'a surtout frappé, c'est le choix des sujets. « Je crois, écrilil, que Votre Majesté se soucie également peu des histoires de ,\fardochée ou de don Quichotte "• el il propose que dorénavant il ne soit plus rien fait qui ne retrace les fastes du règne. Les ouvriers sont meilleurs, à son avis, que sous Louis XV, le directeur Guillaumot est excellent: « C'l'sl donc par le bon 1. Archins nationales, AF1v 1060.

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