Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIISTOJ!l.E SOCIALISTE gll'l('IT•', on alle11dail que la France s'ouvrît toute grande aux 1>roduils anglais; du côté de la France, un ~ouranl, très justement marqué par )J. Levasseur, portail les industriels à désirer que les porte~ russenl rermées '· L~ politique économique comprise de la grande majorité était une politique ~lriclemenl prole~lionniste; c'est le temps de « la frénésie de5 prohibitions ». comme l'écrit )Iollien '· Le Conseil général du commerce discuta les bases d'u11 traité de commerce avec la Grande-Brrlagne, el de l'une de ses séances nous lirons les renseignements suivants sur la situation de lïnduslrie cotonnière et celle de ·nos mines de houille en l'an X' : " Un membre de la section du commerce expose l'étal des filatures de colon. Elles seront longtemps infërieures à l'Angleterre pour plusieurs rai- .011s : négligence des ouvriers, imperfection du travail. 'l'rois livres de colon (numéros 2:?, 'iO et :iOJ filées en France coOlenl au fabricant 30 fr. 3 sous; lroi, livres de coton meilleur venant d'Angleterre coùtent 27 rr. 6 deniers.• Le même merubre s'élève contre le développement des filatures qui enlèvent de:; enfants à l'agriculture, seule base solide de la prospérité du commerce. Se basant sur ce fait que les colons li'.os sont meilleurs en Angleterre, mais que la France est supérieure pour le tissag~, il demande qu·on traite le; colons filés comme uoe matière prcrniè1e. Il dit: « La France a lOOOOOouvriers oisifs tout formés pour la rahricalion des tissus. Le bas prix de la main-ù'œuvre, lïi1telligence des ouvriers, leur aptitude ù cet ouvrage nous assurent en ce genre une supériorité décidée». Le conseil a approuvé l'idée d'établir un droil à lïnll'oduction des cotons anglais el l I répartition de ce droit au profil ùcs filature:;. Sur la question des houilles, un membre dit : « Les houilles anglaises de toutes qualités peuvent être livrées au consommateur français sur le pied de l7 à 20 sous le quintal; celle:; d'Anzin coùtent à Rouen:; fr. ;3 sous; si nous repoussons la houille anglaise, nous élablissons en faveur de,~ nôtre un monopole funeste à toutes les entreprises que celle substance alimente. Alors, le désavantage de nos manufactures dans la concurrence avec ies Anglais s'accroit de ce surhaussement de prix: seul il néterminerait la balance de leur côté! " Le ministre dit : • Le gouvernement anglais n'a rien fait pour l'exploitation des mines de houille. C'est aux elîorls ùrs particuliers dirigés avec intelligence que sonl dOs les succès de celle exploitation ... Ne pouvant ôlre au pair avec eux que lorsque nos capitaux seront assez abondants pour se porter vers ce genre de spéculation, accueillons en attendant la houille anglaise el profilons des moyens que nos voisins nous donnenl de nous mesurer avec eux.» Le tarif douanier de l'an XI (28 avril 180:l) repose sur le principe protectionnisle, el il frappe de droits d'entrée à peu près tous les objets de cornl. Lensseur, o. c., I, p. 165. 2. CitA par Levaneur, id. loc. 3. Archins nationales J<'lt* 191, 5 prairial an X.

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