IllS'l'OlllE SOC!ALIS'l'!'; Cette importante pétition, qui contient tout le tableau de la situation commerciale et industrielle en JSOû, se termine par 1111 rappel de ce que nous savons sur l'importance des loires de Leipzig et la demande de leur maintien. On remarquera que ce véritable mémoire contient une critique certaine ùu décret de Berlin et des procédés employés par l'armée en Allemagne : confiscation, contributions de guerre. Qn remarquera aussi la fin de la pétition où le "péril ouvrier», si nous pouvon~ ainsi dire, est soulevé. Celle considération était certainement une de celles q:;i devaient le plus loucher l'empereur et c'est à ce péril que s'attache, dans une lellre annexée à la p~t ilion, le minbtre Champagny'. Le maire et le prHet de Lyon, lit-on dans cette lettre, « redoutant également la désertion de; ouvriers ou leur oisiveté, vous demandent, au nom de l'intérOL public, ce que sollicite l'intérèt particulier du commerce lyonnais. » Champagny, clu reste, ne se borne pas à présenter simplement la pétition de la chambre cle Commerce de Lyon: il l'appuie et étendant franchement l'examen de la situation au reste de la France, il ne craint pas de dire la vérité désastreuse. "Sire, écrit-il, l'emploi d'une somme de deux millions dans le moment actuel peut être déterminé par tant de considérations c;ue je ne me crois pas en droit de proposer à Yotre llajesté celui qu'appellent les vœux et l'intérêt des Lyonnais. Votre Majesté en appréciera d'elle-même tous les avantages. Je n'ai pas bernin de lui dire que c·est le meilleur moyen de soulage1· les he,oins d'une ville à grandes manufactures, que c'est le meilleur atelier de travail qu'on puisse y ouvrir et le seul dont on puisse espérer quelque produit utile; qu'une population manufacturière composée d'hommes faibles, amolli~ par la ,ie séde11taire et ne pouvant faire que ce qu'ils ont fait toute leur , ie, est entièrement improph pour les travaux publics; et j'ajouterai à ces considérations que le budget de Lyon, pour i80ï, rédigé avec une sl1re économie ne présente que les ressources nécessaires pour sulJvenir aux dépenses indispensables de cette ville .... Je dois dire à Yotre Majesté que la ville de Lyon n'est pas la seule qui soutfre des circonstances actuelles. Presque toutes les villes de commerce qui avaient conservé des rolaûons avec l'étranger éprouvent, ou sont sur le point d'éprouver des pe1-tes.Le peu de commerce qu·avait Bordeaux lui est enlevé. Les ressources sont nulles, les ateliers de travail que je cherche à y organiser y éprouvent beaucoup de di!~ ftcullés. Là, il n·y a jamais eu de manufactures, il est impossible ù'eu créer. Les trarnux publics ne soulagent qu·une petite partie de la population indigente. Là, les secours gratuits donnés à jlomicile seront plus nécessaires. Les besoins de cette ,ille appelle11t toute la bienveillance de Yotrn Majesté. Rouen est aussi dans la détresse, mais ses maux sont plus faciles à soulager. Les villes du midi où se fabriquent des élotfes de soie soulîriront nécessairet. IAt.U• du 17 dt-Cembre 1806, edraiie toujours du même fonds : Archive, ~ationales Al' .... 1000.
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