Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE 20i notre organe. La neutralité dcla Saxe, déjà par vous accordée, nous fait pressentir que Votre Majesté daignera agréer not,·e vœu 1 • » Celle pétition, à laquelle est jointe une semblable de la chambre de commerce de Genève, est accompagnée d'une lellre du ministre de l'Intérieur, Champagny. " Sire, lui écrit-il, je ne Yous ai point encore parlé du commerce de la b'rance. Yotre ~!ajesl6 sait quel est son état. La guerre actuelle ne l'a pas empiré: il n'a presque plus de pertes àfaire(sic). Mais les prodigieux succès de crue guerre raniment le courage des commerçants et des manufacturiers. Ils savent que Votre Majesté, qui ne fait jamais les choses à moitié, sait non seulement conquérir, mais faire tourner ses conquêtes au profil de son peuple, el ils espèrent que le commerce el l'industrie française trouveront aussi leurs avantages dans le nouvel ordre de choses qui doit sortir des mains de Votre ~lajesté. ,. :Sous pouvons remarquer que les commerçants lyonnais, au conlraire du ministre, n'émellaient pas le moins du monde l'idée que le commerce augmenterait, mais se bornaient à déplorer la guerre, en craignant que par elle le statu quo fùl changé. Le 8 décembre 1806, une nouvelle lellre de Champagny rappelle à l'emp~reur la pétition que nous a,ons vue plus haut, el annonce qu'il en a reçu de semblables des commerçants de Paris el de Saint-Etienne. Il signale que les commerçants de Leipzig ont révoqué toutes leurs commandes, cr qui alarme tout le commerce français. « La chambre de commerce de Lyon, alarmée de n'avoir pas reçu depuis longtemps une seule lellre ùe Russie, supplie Votre ~lajesté d'ordonner que les lettres de commerce, après avoir subi l'examen convenable soienl envoyées à leur destination, l'i,ilerruplion de celle correspondance pouvant amener celle de toutes, relations comm~rciales. Sire, j'ai l'honneur de transmetlre à Yotre Majesté ces demandes, qui ne peuvent ôlre bien appréciées que par elle, vu qu'elles se rattachent à d'autres intérêts ,!ont Votre Majesté esl seule l'arbitre. En ne les considérant que sous le rapport commercial, elles méritent d'être prises en considération. )lais Votre Majesté a prouvé par son mémorable décret du 21 novembre' qu'en faisant servir ses merveilleux succl?s à la ruine du commerce ennemi, elle s'occupe efficacement de relever le commerce el l'industrie de la nation dont elle a élevé si haut la gloire militaire. • Derrière cette fameuse gloire militaire, les désastres s'amoncelaient, el le ministre, tout 0atleur qu'il fût, ne pouvait les cacher à Napoléon. Le 10, le 1i décembre, il écrit de nouveau el, celle fois, pour rapporter les doléances du commerce bordelais, à qui il est dù plus de dix millions par les villes de Brême, Hambourg, Lübeck, Rostock, Stettin el Dantzig. « Les négociants de Bordeaux, écrit-il, implorent la clémence de Votre Majesté en faveu,· de ces l. SuiHDI le, signaLures. 1. Le dKret de Berlin organisant le Blocus eonlinenta.l.

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