Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

I', HISTOIRE SOCIALISTF, intéressé ou sincère ùes autres pour faire préllomincr dans le, événements son action persnnnelle. :"ious l'Oilà donc par la suite logique du rai,onnemenl amenés à étudier ce qu'il faul retenir de la personnalil<• <le llonaparlc. Ce que nous voulons recherr.her, ce n'esl point tant la ronnaissanre ile son e.r/1',•ieur, si l'on peul s'exprimer ain,i. que la dominante de son cararlère. El en elîel, puisque Bonaparle va avoir <levnnl lui, à peu près à ,a <lisposilion, ln puissance, il est capilal de swoir quelles qualités il déploiera pour en us,'r. Or Je lrail dominant flu caractl-re oe Bonaparte. nnl n'a songé jam~is à. Je nier, c·~,I l'ambition. Toute l'histoire de- sa vie est dans ce mol. Ambilie1n, il l'a été jusqu'au crime, jusqu'à la folie, el lord Hoseberry, oans un ou,-rage du plus hanl inlér<'l 1 , a pu, en quelques pages', tracer le lablenn de :'On existence en partant de celle ambition, qui ,'élargit /le plus en plus jusqu'à détruire J'équilibre moral de l'homme el le précipiter dans l'hallucination, dans la folie. JJonaparte veut arriver, mais pour cela il lui faul des appuis el c·esl autour ,le lui, dans la sociélr où il esl venu ,ivre. encore qu'elle ne l'alliràl point plut,)t qu'unP autre, qu'il 1!oil le- rherrher. Né juste à temps pour être Français, mais grandi dans <les sentiments dt• haine Yi-rilable contre la France qui a a<ser1·i ~a palrir corse'. Bona1iarle n'a en France aucune attache de famille ou de parti. L,\s homme:; qui s·agitent autour de lui peuvent Nre des instruments de sa fortune, mais ils ne sont pas des compatriotes pour qui l'on puisse avoir égarJ soit des opinions, soit des relation,. De son origine, de son éducation, Bonaparte a gardé le seul goùt de l'intrigue inlelligenle qui sait, pour parvenir, ne ,e lai,,er guider que par de, questions dïntérM. Le « condolliere » de Taine agit pour lui et pour lui seul. En Corse, où les haines sont vivaces comme le maquis, toujours brûlé et toujours vert, il faut, pour ne point tomber au détour des routes. avoir de sùrs amis qui veillent el ne pas regarder au choix cles moyens pour gagner des partisans, tromper l'acl,·ersaire et l'abattre. El Bonaparte, pour parvenir à la situation qu'il rêve, ne cherchera d'autre appui que ceux qu'il aura intérN à Yoir dérend re sa cause. Cet homme • à. part» 1 n'a pas suivi • se, propres instincts•• comme le pense el l'écrit M. r,evasseur, mais il a bien plutùl calculé avant de demander appui à certaines classes de la nation, que c'étaient celles-là qu'il importait avant tout de gagner el crenlratner à sa suite. Voyons donc vers quels hommes dans la n.1tion Bonaparte avaiL intérêt à se tourner. Jusqu'au 18 brumaire, Bonaparte n'avait é.té qu'une chose : un :soldat. Sa renommée s'était fondée sur les champs de bataille, el il ignorait touL du goul'ernemcnl. On Je vil bien, du rP,te, à celle activité fiévreuse qu'il mil il éluclier tous les rouages de l'adminislralion, faisant, au ,ms précis du mot, son éducation dans le, choses de la vie politique, s'assimilant à la hâte les i. L,, clc,·ni;,,.e plw,,·. -2. 292 et sq.q. -3. Cr. Mauon, Pupie.-.~ i,1i',li1~. -4. Tol1to11 ibid,~.

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