12 HISTOIIl'E SOCIALISTE il y a un nom, il n·y en a qu'un seul à prononcer pour que chacun voie ~·éclairer Ioule l'histoire de la période du consulat: Ilona parle. Nous croyons que:1iarmi les facteur~ qui peuvent inlcrvenir pour diriger la vie d'un peuple, il faul faire une place certaine à l'in0uence personnelle d'un homme qui, par son génie ou par rn faculté de représenter les aspirations d'une classe ou de 1,lusieurs classes, peul in0uencer el modifier même la marche des choses. Celle action d'un homme sur la société de son Lemps nous apparaîl comme manifeste el indispensable à mellre en relief en lrailant l'histoire du Consulat. i'fous ne pensons pas quïl y ail dans certains ouvrages de critique historique, comme, par exemple; celui de Tolsloî sur Napoleon el la campagne de· Russie, autre chose qu'un lrès brillant paradoxe. Pour Tolsloî, Napoléon n'a été qu'un jouet dont a disposé le« hasard ». Quant à lui reconnallre une valeur perrnnnelle quelconque, une influence individuelle dans l'histoire, c'est ,ouloir se laisser prendre au mirage de " gloire• que les hommes ont mis autour du nom de l'un quelcon 1ue d'entre eux. Celle nég.1lion de l'influence possible de l'individu, l'absolue nécessité, au conlrJire, pour l'.hisloire de n'élre que le produit du dévelop)ernenl des masses, développement conditionné par les seuls facteurs économiques, dérive n~llemenl de laméthode dite marxiste. En Russie, la foi dans celle méthode est profonde, el l'économisle Miliouho\l, dans son lnlroduclion à {lûsloire de la civilisatic-11 rmse, déclare ncllemenl qn'elle est la seule qui convienne vrai nent à l'histoire. Il ne faut pas se montrer aussi absolu. Les Cails nous prouvent que les contemporains de Ilonaparle, da'ns toutes les classes de la société, ont observé une allilude telle que sa personnalilé a pu se développer sans contrainte dans la société, el déterminer l'union d'un no:nbre considérable d'énergies autour de lui. Chaptal I dil que Bonaparte« avait tondu tous les partis•, et il ajoute: « L'histoire de la llévolution était alors pour nous à la mème distance que celle des Grecs el des Romains "· C'est là une parole décisive, car aucune ne saurail mieux faire comprendre J'in0uence réelle, prodigieuse presque, d'un seul homme sur les gens de son Lemps.Nous avons vu déjà rapidcmcnlcommenl il faut entenrlrn que Bonaparte avait fondu Lous les partis, el nous le verrons mieux encore par la suite, mais le fait hrutll qui nous importe en ~e moment, c'est que Bonaparte, par ses actes non contestés ou peu contestés, voil la nation se grouper sans étonnement autour de lui. Il va pouvoir agir dans le pays el le faire agir: sa personnalité aura donc bien quelque valeur. Ainsi, tandis que la lu Ile des classes esl momentanément suspendue, el que seules des compélitions autour du pouvoir metlenl aux prises des politiciens qui se déballent dans le désordre ùes services publics, tandis que, dégoùlé ou brbé, en tout cas impuissant parce qu'il a trop lutté, le prolétariat relombe sous la sujétion économique el sociale de la bourgeoisie qui s'organise, Bonaparte s'élève el va prollter de l'apathie des uns, de l'enthousiasme J. lits sottnmin $l'r Xapolùm, p. 23t.
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