HISTOIRE SOCIALIS'rE 147 diamètre, bien enduit de résine, el couvert d'une toile gommée. Celte rorme de baril est Ioule hérissée à l'extérieur de petites protubérances rondes, qui doivent être des balles. En dedans, 6 livres el demie de poudre, des pé• lards, etc. La machine esl adaptée à un fusil qui en est comme le manche. Le bout du canon plonge jusque dans lïnlérieur du baril, où le feu devait se communiquer en li rani ce fusil'··· » Nouvelles arrestations et nouvelles exécutions capitales aprè, comparutions devant une commission militaire, et cela, bien quïl ail été impossible de trouver trace d'une entente entre Chevalier et ses prétendus complices, Veycer, Humbert. Chapelle, Melge, dans le but cl'atlenler aux Jours de Bonaparte. Chevalier déclara, dos son premier interrogatoire, que sa machine devait être envoyée à Bordeaux pour ôlre mise a1Henice de la marine, el il semble bienqu 'ici encore ce soit la police qui ait seule imaginé qu'il y avait complot•. Tandis que le5 ministres du premier consul et le premier consul lui-même rivalisaient ainsi pour savoir qui découvrirait le «meilleur• complot, des cons• piralems véritables el dangereux travaillaient tranquillement dans l'ombre. Le 3 nivôse (24 décembre 1800), au moment où la voiture de Bonaparte qui se rendait à l'Opéra, passa dans la rue Saint-:'iicaise, une explosion formidable retentit. La voiture consulaire fut démoli, sept ou huil personnes furent tuées, de nombreuses furent blessées. Le premier consul, qui n'avait pas été atteint, tint à aller se montrer à !"Opéra et, rentrant rapidement aux Tuileries se laissa emporter dans la plus violente colère. C'est sans hésitation, sans retenue qu'il crie alors sa haine contre les Jacobins qui seuls ont pu faire le coup. Tandis que Fouché se lait, Bonaparte s'emporte:« On ne me fera pas prendre le change, il n'y a ici ni émigrés ni ci-devant nobles, ni ci-devant prêtres. Je connais les auteurs, je saurai bien les atteindre et leur infliger un châtiment exemplaire. • Le lendemain, ce sont des paroles violentes que le premier consul adresse en manière de remerciements aux chefs des corps constitués venus pour le féliciter. li menace les anarchistes, les septembriseurs et toujours il répète; « il n'y a là ni nobles ni prêtres». C'est ainsi que, sans preuves, sans enquête, avant tout renseignemenL, il accusait, décidé à frapper des gens qur rien n'indiquait commr coupables. Qu'ils le fussent ou non, Bonaparte, du re~le, ne s'en souchit pas. On l'a dit, cet allenlat valait pour lui une \iCloire, li puuvail de nou,cau se dresser au dessus de la Nation et indiquer les hommes qui le gênaient, afin de s'en débarrasser. Au Conseil d'État, deu~ jours après l'allenlal, il demande d'organiser la répression contre les menées qui ont abouti à l'attentat. • li faut du sang, dit-il; il faut fusiller autant de coupables qu'il y a eu de victimes, quinze ou vingt, en déporter deux cents et profiter de cette circonstance pour en purger la République ». t. Archi• .. nationale■ Ft 3702. Cf. ûl1t1i, AF rv t~ n• U, et Fouchô, Mtmoires, 1, 207. 2. Contra- :\h.de)in,o. c., p. 327. Cf. Aula.rd, IIUtôirr polirigur de la. Révolution f,·ançaûe, p.'1!3.
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