Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

ft,2 1IISTOIR E SOCIALISTE cette iraranlie rie la liber!(>rlrs riloyens, n'est pas de mise avec les tyrans. La mort clc Frollé e11l bien les conséquences qu'en espérait le premier consul. Elle marque la fin de la i:rande chouannerie. Pendant Jeq jours qui suidrenl l'exécution, le désarmement se poursuivit cl'une façon générale dan~ tous les rléparlemrnls de l'Ouest, el, au moment de m,1rcher cor.lre l'Autriche, Bona1iartc faisait prenrlre ur. arrêté des consuls dfrlaranl que: « L'empire de. la Constitution cesse d'élre suspendu dans les départements des Côtes-du-~ord, Jlle-el-Vilaine, Morbihan el Loire-Inférieure el que les mesures extraordinaires déterminées par l'arrêté du 26 nivô,e cessent d'ôlre en vigueur 1 •. L'opinion puhliq ue ne s'inquiéta pas de ,a,oir clansquelles circonstances ~'rotlé el les autres chefs ro)alistes avaient disparu : c'6laient, avanl loul, des alliés de l'An gletcrre, de, trallres qui, au nom de leur Dieu el de leur roi, avaient pactisé avec l'étranger, recevant de lui des hommes et de l'argent; ils avaient fait une guerre de hrignnds au\ troupes républicaines, aussi l'on sut gré au gouvernement d'en avoir débarrassé la France. Celle guerre civile de l'Ouest s'achevait dans la ruine et la désolation de Loule une contrée el finissait par l'épuisement même des forces autochtones. Mais celle !ln de guerre civile, à qui prollle-t-elle? L'opinion publique 11eveut voir que Bonaparte et 11ecroit qu'en Bonaparte. C'est à lui qu'est duc la pacification de l'Ouest. C'est lui qui a ramené à la llépublique les chouans égarés. La popularité du premier consul s'accroissait clone encore, grâce à celle pacification, et la chouannerie, qui devait aboutir à la re~tauration du trône des Bourbons, s'achevait donc pour le plus grand bien de celui qui devait les remplac~r. Elle contribuait ainsi, il est vrai, au rétablissement d'un trône. CIIAPITllE II CONSPIRATIONS ET OPPOSITION La grande guerre 6lant finie pour les royalistes, mais leurs désirs de restauration restant les m~mes, el leur volonté de se venger étant accrue, il était inévitable qu'il, ne fissent tout ce qui était en leur pouvoir pour renverser le gouvernement consulaire. Généralement bien doués pour l'intrigue, entrainés aux complots et aux manœuvres sourdes par plusin1rs années d'une lutte de traitrises, ils allaient, à Paris même, tenter de remporter la victoire. Ils voulaient la chute de Bonaparte depuis qu'ils étaient assurés qu'il travaillait pour lui el non pour les Bourbons. Mais d'autres. aussi songeaient à faire tomber le parvenu corse. Ceu,-là c'étaient les• e,agérés • les« e,clusifs •, les anarchistes, comme disait le premier consul. Nous avons trouvé dans les originaux des bulletins de police conservés aux Archives nationales 1. ArrHé du 1" florèal an VIJI (21 avril 1800).

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