Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

118 HISTOIRE SOCI.UIS1'E lor,qu'il enlreprcnù de raconter comment se termina relle fameuse campagne ri:_,·plienne qui. tians une première pensér dominatrice de Bonaparte, de, ait lui donner l'empire d'Oril'nl, el s'ache.a après 1., dt'sertion du général en chef, d'une façon piloyahle; si l'on recherche la pcusée constante des soldats clenwurés en Afriqu,·, elle <•,l toute conccnlrér dans l'e~poir <1uela Frauce va les secourir, il est impossible qu'on ne pense 1ia, il eu,. Or, ,i d'autre part on lit les journau,, les rapports sur l'c,pril pulJlic rn Frauce, les notes policières, un ue voit pour ainsi dire pas tracr d'une préoccupation sériewsn clc ce qui se passe en Egypte. Il y a lit-bas uue armc'e au, prises avec un ad,ersaire arharné, daus un pays hn,tile, el l'opinion ne songe pas à autre cho,e qu'aux événements contine11l•1ux. C'!'sl que l'expédition d'Egypte a été l'affaire de Bonaparte seul, la nation n1• s'y est pas intéressée. Quant à Bonaparte, trou,ant en France l'Pmpire qu'il n';wail pus,· constituer en Afrique, il a laissé au ,erond plan l'Egypte, dont le mirag(• ne revint plu~ à ~a pensée que pour de " gruuds projets' ». 'l'ous ses efforts pour secourir Kléber se l!ornèrcnt ü tenter u11ra,·itaillt·menl par l<'s nottcs de Toulon el d'Espagne, <1uine purent aboutir à rien et se dirig~renl sur Br~,t. Pendant ce Lemps, 1',téber sentait I,• désespoir l'rnvHhir tout enlier. D,rns sa première proclamation, il écril'ail au, rhcfs musulmans: • Dit,•~ au peupll' que ln llépulJli<1ue franrabe, en m1• confiant le !,OU\rrnemenl dt• n:gyple, m'a spécialement rhargé de veiller au bonheur ùu peuple (•gyptiru. C'est cle tous les allribuls du <·ommnndemcnl le plus l'ltN' à mon rœur •. c·esl lt• langage d'un chef dont le pouvoir e,t fermement as,is, la 8<·curilé complète. Eu réalité, le découragcmPnt s'emparait chaque jour davantage de lui : la pe,te frappait sos hommes, les suicit11•saugmentaient tians des pro1iorlions inquiétantes, de;; rérnlles m~m,·s se produi,ai1•nL, et les seules nouvelles reçues de Fraure se bornaient aux rêcih des rewrs qui 11,arqu~rent It•, opérations avant la bataille ùe Zurich. C'e,t dans res C<•ndiliousqu'il sougca 11trnller. li fil part de ses intentions am t·hefs de l'armée, cl trouva contre lui Ue,aix, Davout el )lenou, qui iuclinaient il comhallre à outrance. JI ne céda pas, persuadù que tout e,poir de secours était perdu, el que, ,eu le, son armée, réduite et démoralisée, succomberait lôl ou lard : mit'ux valait la sauver. Hrsah et Poussielgue se rcndin'nt ùonc auprès du commodore Sydney Smith, et il rut entendu que l'armé•· françaï.,• ov~cueralt l't,:in·pte et serait rapatriée par le, Anglais avec lt·~ honneurs de la guerre. L't,:gypte <levait être reprise par ll's Turcs. Celle co11ve11lio11- couvention d'El-Ari~h - fut ~ignée le :!I janvier Jl\OII,el Kl(•bor 1•11 avertit le Di,·eclui,·1• par uue lettre clu ::o J,mvler, contenant l'exposé de• 1uolir, qui ra,aienl détermint\ à traiter. Bonaparte lui répondit, le Hl avril, par dt•s fdi,·itatirrn• pour l'armée et pour lui-même. En rôalité, sa colère t\lait grande, ol il (1crivail au, coofül1 : • Je regard.- 1, Nous Terrons ce qu'e1L le • trrand projtt •·

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