Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

112 IIIS'l'OlllE SOCIALISTE gères de l'empire, eut vu ses 11apicr~, la ruse de Talleyrand- heureuxdecompromellre l'Autriche auprès de l'Angleterre en publiant les négocialions - éclata. 'l'hugut, furieux, en référa en toute hâte à son maitre, qui fil enfermer dans une fortere,se Saint-Julien et le colonel Neipperg' qui lui avait été adjoint pendant le voyage en France. Après avoir ainsi renié Saint-Julien, l'empereur proposa d'ouvrir des négociations pour la paix gén éraie. Bonaparte, qui ne s'attendait guère à celle offre, accepta néanmoins pour ne pas aller contre le sentiment de l'opinion, mais en exigeant un armistice naval avec l'Angleterre. 11 aurait ainsi pu ravitailler illalle; aussi les Anglais qui, d'autre part, ne croyaient pas le Premier Consul disposé à reprendre les opérations sur le continent, rerusèrent toute trève, et c'est seulement un peu plus tard, étant revenus au sentiment de la réalité, qu'ils consentirent à parlementer de nouveau. Il n'était plus temps, Malle succombait (5 septembre), les hostilités sur le continent allaient reprendre•. Moreau avait profilé de l'armistice pour remellre ses troupes en étal de comballre victorieusement el aussi pour étudier le terrain des futures batailles. Libre désormais d'agir selon son génie, disposant de i20000 hommes exercés à la guerre et fermement attachés à lui, il allait donner d'un seul coup le plus grand éclat à ses armes. En face de lui, l'archiduc Jean, fougueux général de dix-neul' ans, commandait i50 000 hommes divisés en trois corps: J{lénau, à droite, avait 20000 hommes; Ilille1·, à gauche ('l')'rol), en avait 30 000; et lui-même, au centre, en dirigeait 100 000. A Klénau, Moreau opposa Augereau, puis Sainte-Suzanne, tandis que Lecourbe devait le protéger contre lliller. Il avançait, quant à lui, entre Mühùorf cl Rosenheim. Le plan de l'archiduc Jean était un plan « à la Bonaparte •· Au lieu ùe rester derrière 11nn el d'attendre, il conçùl le projet ùe porter ses troupes rapidement derrière Moreau, de lui couper la route de Munich, en un mol, de l'isoler de sa base d'opérations. Il franchit l'Inn et se heurta, le i" déceml!re, près d'Ampfigen, à Grenier, dont les troupes étaient à notre gauche. Grenier tint tête à l'attaque jusqu'à l'instant où la division Grandjean étant accourue du centre, il put battre en retraite dans le meilleur ordre. li se relira dans la forêt de Hohenlinden, et les Autrichiens, pleins de confiance après leur succès, l'y sui virent. Moreau les allendail. Il arrête 'Grenier au centre de la forêt, dans une pelile plaine, et lui donne une division supplémentaire. li envoie llichepanse et Decaën à Ebersi. 11 fat. plus tard nommé général, et, dit M. Sorel, a l'empereur Fran~ois lui montra, en 1814, 1;a con6ance en le chargeant de garder ce qu'il &'\"ait de plus précieux: la personne•' l'honneur de sa fi.lie (Marie-Louise). 11le fit che•alier de l'une et de l'autre, et Neipperg, en ricompease, donna plu15ieursenf0ints à. la femme de Napoléon. • 2. L'armistice finit le 28 nonmbre 1800. lly avtiit eu à Luné.-illedes conf6rence1pour la paix entre Cobent.zel et Joseph Bonaparte. Nous les retrounron1 dao• le paragraphe elU.nnt, aotN pensée étant simplement d'ind.i.quer ici ]es hénementl diplomaûquu qui H dholoppaient pell• da.ut la suspension des hoaûlités 1ur le continent.

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