Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

llO HIS'l'OII\E SUCI.\LlS'l'E excè< de présomption, pcul-ôlre a11<sipar un retour inconscient aux idées ,lu xrnt• siècle, il entama une manmuvre qui eut pour résullal de le con· du ire à deux doigts de sa perte' ... ,, En efTet, au lieu de marcher en 1ilein succès sur les troupes faibles tle ,\lolas, Bonaparte, laissant Lanne, à Clùva,so, marche sur ~Jilan, y entre le 1" juin et s'allarde à des têtes el à des concerts tandis que Mélas, heurPux rie pouvoir respirer un peu, ltAte à Alexandrie un formidable rassemblement. Le 14 juin, date de la balaille de Marengo, Bonaparte avait sous la main, en tout el pour toul, 22 mille 800 hommes - le reste de l'armée étant disséminé et occupant la Lombardie- el Mêlas en avait 45 000. On voit combien la situation était changée depuis Lrois semaines à l'avantage des Autrichiens et par la faute du premier consul. C'est le 7 juin que Bonaparte avait passé le PO pour aller au devant de l'ennemi. Lannes, toujours en avanl-garcle avec Murat, chef de la cavalerie, devait dégager la roule. Le 9, il heurta 20000 Autrichiens, Loule la divi,ion de Oll, rappelé, nous le savons, de Gênes, el les ballil à MontebellQ avec l'aJlpui de la division Victor. Le 14 juin au matin, l'armée autrichienn~. massée sous Alrxandrie, passa la Dormida sur trois ponts et déboucha clans la plaine de Mareni;o. A trois heures de l'après-midi, Mélas, accablé de fatigue, mais tl'iomphunl, rentrait à Alexandrie pour annoncer à l'Europe sa victoire : Lannes était écrasé sur la route de Castel Ceriolo (droite), Viclor anéanti sur celle de San Giuliano (gauche), Bonaparte enfoncé dans Marengo même (centre). Soudain, Des >ix I débouche par la gauche avec une divisinn fratc:he (Boudet), tombe sur les vainqueurs commandés par Zach, chef d'état-major de Méla,. L'artillede reprend l'action, Kellermann charge le fluuc autrichien, cependant que Lannes et Victor se reforment, re - viennent et mettent en complète déroule un ennemi qui, moins d'une heure, auparavant, les chassait devant _lui. Ainsi fut remportée celle fameuse victoire de ~lare ngo, pittoresquement appelée par 1lf. Donnal une victoire ùt exll'emis. Les résullals en lurent considérables tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. En Italie môme, un armistice, signé à Al~xanclrie, stipula le retrait des .Autrichiens derrière le lllincio. A Paris, l'allégresse ful d'autant plus considérable qu'on avail annoncé un désastre; les « l'aclieux • Curent réduits au silence. Le tiers consolidé passa de 20 francs à 37. 1. Bonnal, op. cic., p. Hi. 2. Deuix &Tllit 6t6 enToy6 sur No•i et retint en entendant le canon. Il fut. tu6 peu apN• 10n arriTte 1ur le champ de bataille. Bonapa.t>teq,ui suait trè1 bien qu'il nait pertonnellement perduJa ba\.alllede Marengo, en changea trois lois le r~cit offtciel, fai11ot d,truire les pièce,. La vtnion qu'il donna toan e■t uns aucune r111tmbla.oct uec let faiw 1.tlt qu'il• 11 pau•rent.

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