!) 1 IIIS'l'OIRE SOCIALISTE qui se rrnd auprès des conslilulionnels, revient trouver Caprara en lui annonçant que l'abjuration est faite. Le légal, sans s'informer davantage, lenrdonne l'absolution et les institue en déclarant qu'ils ont fait ce qu'il désirait. Les constitutionnels, devenus évêques concordataires, s'empressèrent de protester a1·ec énergie dans une lettre publique, en déclarant que Bernier avait fait un fau, témoignage s'il avait apporté au légat une abjuration qu'ils 11°avaient jamais faite. C'est sur cet incident ridicule que se terminèrent les longues négociations du Concordat. Quant aux Articles organiques, il n'y eut pas, il ne pouvait pas y avoir de négocia lions à leur sujet. c·esl en vertu de l'article premier du Concordat, prévoyant l'établissement de règlements de police, qu'ils furent édictés. Pie \ïl, surpris par leur publication, faite en même temps que celle du Concordat, de telle sorte qu'ils en paraissaient la suite normale, protes.la contre le procédé, mais il ne pouvait rien de plus. Les Articles constituent une loi comme toutes les lois ; les citoyens français lui 'doivent donc le respect dt1 à une loi régulièrement promulguée, et si les membres du clergé étaient purement et simplement des citoyens français, ils, les accepleraienl comme tels. C'est pour cela sans doute qu'un écriv~i11catbnlique qu'on nous pardonnera de citer ,i souvent, en songeant à la I lace considérable occupée par lui dans l'Église, écril 1 : « •.. On ne trouverait pas en France, à l'brure qu'il esl, un évèque, un prèlre, uii .:atbolique instruit qui allribue la moindre valeur canonique aux Articles organiques. • Nous entendons bien qu'il esl queslion ici de la valeur « canonique•, mais nous savons aussi combien est subtile la langue d'un cardinal ! L'e~prit gênerai des Articles est la subordinalion de l'Église à l'État, la reprise par un gouvernement autoritaire el à son profit de la doctrine gallicane. Portalis, à maintes reprises. expose cette doctrine dans ses rapports. lious ne l'y suivrons pas parce qu'il nous suffit ,le connallre le lien historique qui rattafhe, par-dessus toute l'œuvre révolulionnaire, l'ancien regime au régime nouveau, sans répéler le Lrav.iil d'élaboration qui a permis de restaurer les formes anciennes. Si l'f:glise romaine rejelle les Articles organiques parce qu'elle estime élre étranglée par eux, nous les regardons, nous, comme le complément bâtard d'un acte diplomatique malfaisant, qui permel aux 1,ires ennemis de la démocratie de poursuivre au sei11de la nation une œu,·re néfaste. Nous ne voulons pas plus une Église d'ÉLal qu'une Eglise romaine, nous voulons la pensée libre. Bonaparte a cru mater le clergé en l'embrigadant, il ne ,esl pas aperçu que par le Concordat il donnait à ce clergé le droil reconnu de ,e tourner toujours vers Je pape de Rome, à ses dépens à lui, pape de PJris. li a interdit, par les Articles organique•, toute communication entre le pape et la Fr,111ceautrement que par l'intermédiaire du gouvernement, il a défendu de recevoir sur le territoire français tout individu envoyé par la 1. Mathieu, o. c., p. 328.
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