Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

I t-86 HISTOIJlE SOCIALISTE • Il est probable que Moulin, venu aux Tuileries pour la promulgation, la ~igna aussilôl pendant que Gohier discutait avec Sieyès; tandis que les parolrs échangées avec Sieyès d'abord, avec Bonaparte ensuite, détournèrent Gohier d'en faire aulanl; mais Cambacérès, jugeanl que la signature du président du Directoire avail plus de poids, n'en allribua pas moins la promulgation à celui-ci. • A peine fOmes-nous renlrés au L11xembourg, raconte Gohier(Mémoires, p.261), que notre garde nous fut enlevée; que Jubé, qui la commandait, ,eçut de Bonaparte rordre de' la conduire aux TuilP.ries et fut as,ez faible pour y déférer. • Ils ne tardèrent pas à s'apercevoir quïls étaient prirnoniers dans leur palais; « ne pouvanl, a ~cril Gobi er (id. p. 263), nous dissimuler qu·on allenlail à noire liberté •• - cela, en elîet, de\"enait dilficile; cependant la leçon n'a pas servi et nous devions revoir en seml.Jlablecirconstance le scepticisme soi-disant élégant, sinon complice, des un, et la confiance obtuse des autres - ils rédigèrent un message adressé au Corps législatif (Idem, p. 264). « Un grand allentat vient d'élre commis, disaient-ils, el ce n'esl sans rloule que le prélude d'altenlats plus grands encore. Le palais directorial est livré à la force armée. Les magistrats du peuple à qui yous avez confié la puissance exécutive sont en ce moment gardés à vue par ceux-là mêmes que seuls ils ont le droit de commander. « Leur crime est d'avoir constamment persisté dans l'inébranlable résolu'ion de remplir les devoirs sacrés que leur impose volre confiance; d'avoir rejelé avec indignation la proposition d'abandonner les rênes de l'Etat qu'on veut arracher à leurs mains; d"avoir refusé de donner leur démission. ,, C'est aujourd'hui, représentants du 'peuple français, qu'il faut proclamer la" République en danger, qu'il. faut la défendre. Quel que soit le sort que ses ennemis nous réservent, nous lui'jurons fidélité: fidélité à la Conslilution de l'an IIT, à la Représentation nationale dans son intégrité. « Puis-ent nos serments n'être pas les derniers cris de la liberté e,xpir,1ntc ! « Les deux directeurs prisonniers dans leur palais, « MOULIN',GOBJER. > Ce message honnête et digne, qu'ils essayèrent de faire porter hors du Luxembourg, ful intercepté et on les sépara. Le soir, Bonaparte, Sieyès, Roger Ducos convinrent avec leurs amis de se faire nommer consuls provisoires en allendant l'adoption d·une nouvelle constitution; mais ll11apar,e ne consenlil pas à prendre d'emblée le prlljet de Siey~sl qui tiut se risigner à admeblre que celle constitution serait l'œune de cammlssions Mglslathes tirées des Conseils épurés, et put se convaincre qu'il lff&ll, lui 811851, trffllté son maitre. Pour eonserveD une apparence légllle, il fallait que le Corps légi&-

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