Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRJ<: SOCIALISTE envoyée au Conseil des Anciens qui nomma pour l'examiner et en faire un rapport une commission dont 111. Lebrun fut membre et rapporteur ... La résolution blessait, non les droits, mais les intérêts des compagnies financières ... Sans dout~, elles ne prêtèrent leur concours qu'à la condition que la résolution par moi provoquée et adoptée par le Conseil des Cinq-Cents, serait . rejetée par celui des Anciens » ( revue la Révolution française, t. XXV, p. i84 et 185). De fait, les Cinq-Cents, dans la séance du 5 brumaire an VIII (27 octobre 1700), adoptèrent, sauf rédaction, un projet de résolution présenté• au nom de la commission des fonds pour le service de l'an VIII » et • tendant à déterminer qu'il sera prélCl'é provisoirement, par forme d'emprunt, sur les contributions arriérées, la somme de cinquante millions pour assurer le service de l'an VlII "; la rédacl(o)l était adoptce le lendemain et portait que la retenue sur-Jes recettes de l'an VIIJ pour rembourser ce prélèvement aurait lieu à raison de cinq millions.par mois pendant les dix derniers mois, donc pas de retenue sur les deux premiers. Une modification eut lieu le 7 brumaire (29 octobre), en vertu de laquelle la retenue des cinq millions devait être opérée tout de suite. Le 8 brumaire (30 octobre), les Anciens recevaient la résolution; à la fin de leur séance du malin, le 18 brumaire (9 novembre), " comme s'il eût voulu mener de front la réforme de l'Etat et la satisfaction de la finance» \ Vanda!, L'avènement de Bonaparte, p. 334), le président annonçail: « L'ordre du jou_rdemain à midi;à Saint-Cloud, sera un rapport de Lebrun sur les finances • et, au début de la séance du soir, le 19 (10 novembre), la parole donnée aux fournisseurs étail tenue; sur le rapport de Lebrun, les Anciens, en majorité composés de modérés, rejetaient la résolution des Cinq-Cents relative au prétèvèment,de cinquante millions; el, dans ce vote, ~ on peut rnupçonner lïndice d'une espèce de pacte passé entre les faiseurs du coup d'Etat el les compagnies de finance• (Vanda!, Idem, p. 398). La masse, elle, tenait toujours à la République; mais son plus vif désir à celle époque était la conclusion de la paix. Mm• Reinbard, qui accompagna son mari venant prendre p.ossession du ministère des Alfaires étrangères, écrivait, le lendemain de son arrivée à Paris (11 fructidor an Vll28 août 1799), ~ue, dans leur voyage, des artisans et paysans ayant appris la qualité de Reinhard • s'écriaient Lous: • Donnez-nous la paix, citoyen « ministre, dites qu'il nous faut la paix 1 • Ce mo\ était sur toutes les lèl'res » (Lew·es, p. 84). On exploita ce double sentiment de la masse; on répandit en quantité chansons el placards dans lesquels était glorifié le •héros», l'bomme qui allait travailler à« l'alfcrmissement de la conslilulion républicaine• (recueil d'Aulard, l. V, p. 761, el Aloniteur du 19 brumaire, p. 100). Parmi les auteurs de ces écrits étaient Rœderer el Arnault (Souvenirs d'un sexaf)énaire, 1. IV, p. 350); en même temps, Bonaparte était représenté comme voulant la paix, comme étant le seul en état de la Caire et de la

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