Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

564 HISTOIRE SOCIALISTE exigeaient, pour empêcher la propagation de la peste, un séjour dans un lazaret. Parli, nous l'avons vu (chap. x1x, On du§ 1"), le 6 fructidor an VII (23 aoùl 1799), il élail arrivé le 8 vendémiaire an VIII (30 septembre 1700) à Ajaccio où le mauvais temps le relinl sept jours el il en était reparti le 15 vendémiaire (7 octobre). « Il ful queslion, dit-on, de faire arrêter Ilonaparte pour avoir abandonné l'armée el surtout pour avoir violé les lois sanitaires • (Thibaudeau, Le Consulat et l'Empire, 1. I", p. 5); mais, si on eul celle idée, on n'osa pas l'exécuter. Ilourrienne lui-même avoue que ce ful grâce à la non applic.1lion ùes règlements sanitaires que Ilonaparl~ put devenir chef du gouvernement avant l'arrivée des dénonciations envoyées d'Égypte contre lui. • C'était un choru; général ùe plaintes el d'accusations. Il faul en convenir, ces accusations el ces plaintes n'étaient, pour la plupart, que lroµ fondées»; s'il avait élé retenu par la quarantaine, ces lettres auraient élé connues avanl qu'il fOL au pouvoir, « elles devenaient de puissantes armes contre Bonaparte. Sa mise en accusation devenait possillle • ( Mémoires, édition Lacroix, 1. 11, p. 110). En traversant la Fraoce, 13onaparle dont on venait d'ap_ rendre le succès à Aboukir, dont on élail précisément en train de lire les dernier; rapports reçu,, fut accu-·illi avec un enthousiasme à peu près général; le 24 vendémiaire (16 octobre) il arrivait à Paris. Le jour même, il se rendait chez Gohier qui élail, depui; le 1" vendémiaire (23 septembre), pré,idenl du Directoire el qu'il connai~sait particulièrement; le lendemain, le Directoire le recevait. • Ilo11aparlc, nous dit Bourrienne (Idem, l. li, p. 28) confirmant par là le récit de Gohier (Jlfémoires, 1. l", p. 200-208), pensait déjà, dans ce moment, à se faire élire n,cn,bre du Directoire »; il y avail même pensé beaucoup plus tôl. J. M. Savary, que j'ai cité à ce sujet (chap. xvn § 1") pour l'an Y, nous l'apprend encore pour l'an VI : « L'ainé des frères (Joseph) devenu mon collègue au Conseil des Cinq-Cents, à son retour de Rome, au mois de pluviose an VI (23 j rnvier 1798), m·avail témoigné le désir de vo:r le g~néral appelé au Directoire comme une récompense' due à ses services » (Jlfon examen de conscience sur le f 8 brumaire, p. 7). li rnnda à cet égard Gohier; celui-ci lui objecta qu'il n'avait pas l'âge exigé par la Constituli~n. refusa formellement de se prMer à la moindre atteinte au texte constitutionnel el lui o!Tril un com,uandement" militaire (llfémoires, 1. I", p. 218). Le jour de sa réception par le Directoire, on l'invita à désigner l'armée qu ïl préférait commander; sc,us prétexte de repos, il déclina cette lnvilalion. C'était le pouvoir qu'il convoitait. li comprenait que, pour avoir la cer~tude de le prendre, il avait be;oin d'un appui dans le Directoire. Par suite, après avoir voulu éliminer Sieyès avec l'appui de Gohier, il devait; cet appui lui échappant, Barras, à qui il avail d(l songer, lui paraissant « coulé •• suivant l'expressiot1 de Le Coulteux (de Canteleu, dans ses Souvenirs, (l. Il, p 216 des Jlfémofres sur les journées révolttlionnaites el lts toups d'État,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==