5'24 JI IS'l'OIRE SOCIALISTE le désordre de ses finances, l'étal de crise des alîaires, donnaient une très grande force. En dehors de la tourbe des gens en place et des spéculateurs de tout acabit qui se moquaient plus ou moins ouvertement de la République, tout le monde était mécontent. Nombreux étaient ceux qui, eliarés ,ar les revirements du Directoire frappant tantôt à droite, tantôt à gauche, avaient peur de se compromettre. Cette crainte développée par la versatilité du Directoire, combinée avec la tendance de celui-ci à tout mener au g1·éde ses intérêts, à commander seul partout, avait peu à peu abouti à une, centralisation administrative de fait. Les commissaires du Directoire près des administrations municipales el départemen_Lales, et principalement ces derniers qui corresponiaienL directement avec le ministre de l'Intérieur, s'étaient, après être devenus, en leur qua li lé d'agents du pouvoir exécutif, les véritables maîtres dans leur ressort, transformés en simples exécuteurs des volontés de l'administration centrale à laquelle ils avaient de plus en plus pris l'habitude de soumettre toutes les aliaires. Déjà, à la suite cl.esatrocités cléri~ales et royalistes de la 'ferreur blanche (chap. vm), l'alîaiblissement qui en était résullé pour le parti démocratique par l'assassinat des chefs locaux, c·est-à-dire des hommes dïnilialive, et par la peur du même traitement contribuant à supprimer chez les autres toute velléité d'action, avait été cause que, dès le début du Directoire, s'était manifost~e une répulsion très marquée à participer aux affaires publiques. Dans un rapport au ministre de l'Intérieur cle fin brumaire an IV(novembre 170:;), on lit : • l'organisation des administrations municipales devient de plus en plus difficile. Les agents élus refusent d'accepter et ceux qui avaieul accepté donnent leur démission " (recueil d'Aulard, t. li, p. 392). Un rapport • contemporain des commencements du Directoire • (Rocquain, Lëtat de la Fi·ance au 18 brwnafre, p. 357, note) dit: « Les administrations municipales ne s·organisentqu·avecpeine. Dès qu'elles sont formées, la plupart des agents donnent leur; démissions, el on peul dire que l'écharpe lricolor~ ne parait. plus qu'un fardeau repoussé même avec dédain. Cependant, c'est sur ces administrations municipales que s'élèvent et reposent les administrations supérieures ... JI serait bien affligeant d'être réduit à penser que le défaut de traitement accordé aux agents nationaux soit une des causes de la difUcullé qu'éprouve l'établissement des administralions municipales. En 1190, 1701 et 1702, nous avons vu nos concitoyens briguer à l'envi ces fonctions gratuites et même s'enorgueillir du désintéressement que la· loi leur prescrivait• (Idem, p. 368-350, 362). Dan~ un « tableau de la situa lion politique de la République dans l'intérieur », probablement • rédigé dans les premiers temps du Directoire », on remarque que I' « éloignement pour les fonctions publiques ... se retrouve dans beaucoup de points de la République• (Idem, p. 367, note, et 358). Pour les municipalités, en particulier, l'accroissement d'un travail sans rémunération, résultant de leur organisation cantonale par la Conslitutlon d,e
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