Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

, 51G JIISTOlRE SOCIALISTE Pres,é par le Directoire de prendre l'olfcnsivc, ~!asséna, avant d'engager une action générale, chargea Lecourbe d'opérer contre quatre corps autrichiens placés dans les montaglle, cl éloigné, les uns des aulre, : les 27, 26 et :!(1 lhermidor (l ',. 15 el 16 aoùl), il; furent tous les quatre allaqués avec ~ucri'~ : le princo de Rohan, ce digne échantillon du patriotisme des roy,1fotc< français, au pied du Simplon, du côté de l'llalie, fut refoulé vers Domo d'0,$11la: Stranrh, qui lcnuil Je Grimsel, dul se retirer vers llellinzona; Simh$Chcn, qui gardait dans la vallée de la Reuss la roule du Golhartl, fut 1éduil à se rt·plier sur Jlanz cl nous reprlmes le Saint-Gothard; enfin Jellachirh, entre le lac des QualrP-Canlons el celui de Zurich, fut repou,·é der1ière la Linth, cl la ville de Sch\\l'Z fui prise. Cc~ mouvements des troupe, françaises el l'arril'ée des :30000 Russes de J,orsakov cl de Dcrfclden pouss~- renl l'archiduc à tenter, le 30 (lî aoOl), entre l'embouchure de la Limmal el le Rhin, le passage de J'.-\ar qu'il méditait depuis c1uelquelemp•, tan lis que llol1.c ;ogirail contre notre dil'ision de droite, alors in~tallée sur la rive gauche de la Linlh. Finalemenl, ces deux trnlalives ~chouèrenl. L'archidu~ avail reçu, conformément au plan arr,·té entre les pui,,anccs alliées el à lui e,pédié le 31 juillel, l'ordre de quiller la Suisse aussilôl après l'arrivée des lrou1,cs russes. Désapprouvant celle me,ure qui lui parJissait dangereuse, excusant, dès !or,, jusqu'à un errlain point, le mécontentement furibond de Kor8akov à celle noU1elle, il rérnlul de lui laisser, en attendant Sou,·orov, les :?0000 hnmmes tle llolze. Informé qu'un corps d'armée français avait rail, le û fructidor (26 aoùl), irruption sur le llhin, il ne crul pas pouvoir resl•r pcr- ,onnellemenl plu~ longtemps en Suisse qu'il quitta le 15 (1:' se11tembre.. Muller qui commandait sur le Rhin avait été, en elTel, in,ité à opérer une diversion en faveur de l'armée du Danube. En conséquence, le O fructidor (20 aoùl), il avait passé le Rhin à )1111nheim 3\'CC une dounine de mille hommes, marché sur Philippsburg, qui élail inl'esli le lendemain, el di<igé deu~ colonnes, l'une vers Karlsruhe, l'autre vers Heilbronn. Les Autrichiens s'étaient ralliés au sud de celle dernière ville, à L1ulfen el~ Pforzheim. L'archiduc avait d'abord projeté d'attendre les événements à Drnaue,chin;en ; mais, craignant que les Français ne fu,senl plus nombreux qu'ils ae l'étaient en réalité, il marcha lui-mOme, le 10 (5 septembre), à leur rencontre afin d'arrêter leurs succès. Muller, qui avait tait entamer, le 20 (6 septembre), Je ùombarùemenl de Pbilippsburg, cl qui élail trop faible pour luller contre les forces de l'archiduc, se replia, le 2;; (li septembre), sur celle place très éproul'ée, en leva le siège cl se reliru sur Mannheim, où Il arriva le 28 (14 septembre). La petite armée du Rhin, dit Jomini, « avaitrem~li son objet au delà de Loule espérance• (t. XII, p. 21); Muller n'eut qu'un tort, ce fut, lorsqu'il repassa le Rhin, le 29 (i5 septembre), de maintenir à Mannb~im des troupes que l'archiduc, le 2• jour complémentaire de l'an Vil (18 septembre). écrasa. Pendant ce temps, Masséna prenait ses dispositions pour une attaque

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