Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

1 / IIISTOII\E SOCIALISTE ges sonl aus<i lourdes cl emportent plus de brulalilé, plus d'humiliation surtoul, que du temps des Françai~. Les insurrections excitées par Souvorov tournent au brigandage; des bandes, menées par des moines, parcourenl les villages, arrachent les arbres de la liberté, les remplacent par des croix, vonl faire leur, dévolions à l'église, envahissenl les maisons des suspecls, qui se trouvenl toujours être les ritlirs, pillenl, tuenl, violent, brûlent, el s'en vonl. » (A. Sorel, L'Europe et la Jlévolution (tançaise, 5· partie, p. 411). Parlie, le 18 el le 19 floréal (7 et 8 mai), de Naples et ayant presque partout à lullcr sur son passage contre des insurgés, l'armée de Macdonald arrivait le 27 cl le 28 (16 el 17 mai) à nome, Je 6 prairial (25 mai} il Florence et le 10 (29 mai) à Lucques. C'esl de là que le plan de jonction put être combiné a1·cc .\lorcau. JI fut convenu que ~lacdonald niarcherail par Modène, Parme et Plaisance vers 'l'orlone que Moreau atteindrait par Gavi el Novi. Ils n'avaient quelque chance de réussir qu'en faisant vite. Macdonald resla dix jours dans lïnaclion en Toscane, alors qu'il ne fallait pas tout ce temps pour reposer ses lroupes; le 21 (9 juin) seulement, il se remellait en route el rem portail, le 24 (t2 juin}, un succès à Modène. Victor venant de Ponlremoli descendait en même temps à llorgo San-Don ni no où l'avanl-garde de ~lacdonald le rejo:- gnail le 26 {14 juin). Conlinuant sa marche sur Plai,ance où elle entrait le ~8 (16 juin), l'armée refoulait un corps aulrichitn et s·établissail sur la rive gauche de la Trebbia. Souvorov qui, à la nouvelle de la marche de Macdonald, avait à Loul hasard ra,semblé ses forces entre Alexandrie et Torlone, jugea <Jue, pour empêcher la jonclion avec Moreau, il lui fallait aller sans perdre de lc,ups à la renconlre de Macdonald et, le 29 (17 juin), il arrivait à propos au secours des Autrichiens de nouveau assaillis par les troupes françaises el sur Je point de céder. Attaqué le 30 (18 juin), Macdonald dut passer sur la rive clroilc de la '1'1·ebbia; de parl el d'autre, on lutta toute la journée et toute celle du lendemain avec un acharnement qui fut surlout exlraordiuaire entre les Polonais au rnrvice de la France et les Russes. Le soir du 1" messido1· (19 juin), les armées ennemies se lrouvèrenl toujours séparées par le lil de la Trebbia; ne recevanl pas de renforts comme Souvorov, Macdonald ne voulut pas risquer avec des soldats épuisés une quatrième journée de combat el, dans la nuit du i" au 2 (Hl au 20 juin), il battit en relraile par le chemin qu'il avait suivi pour venir. Le 2 (20 juin), la division Viclor fut écrasée sur la Nure, torrenl coulant à l'est de la 'i'rebbia, parallèlement à cette rivière. Souvorov, ayant éprouvé de grandes pertes el craignant l'arrivée de Moreau, ne fil pas poursuivre davantage l\facdonald qui put réorganiser un peu ses troupes, le 4 (22 juin), à Reggio, el atteindre, le 29 (17 juillet), G~nes où elles parvinrent dans un èlat déplorable. Le 28 prairial {16 juin), Mo1·eaus'était dirigé vers Gavi d'où malheureu-

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