Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIIlE SOCIALISTE 419 ne sonl pas, aux yeux du peuple, • la sauvegarde de son indépendance », il s'en dégoûte et « ce dégoût» esl « le premier pas • Ve1'5 • les magistratures à vie » et le « despotisme ». Pour J.-~I. Savary, étudiant dans Alon examen de conscience sur le 18 brumaire (p. 42) • les cau;es du renversement du gouvernement • à cette dernière date, • la principale ... doit se rattacher aux élections de commande qui ont eu lieu en l'an VI, et aux mutilations qu'on leur a fait subir ensuite. Le vœu de la nation a été méconnu: elle s'est séparée du gouvernement dont la chute ne devait pins, dès ce moment, former un problème •· (;ne loi du i5 ventôse (5 mars) avait fixé dorénavant au 20 floréal (9 mai) au lieu Ju 30, le tirage au sort du directeur à remplacer, de façon que la nomination échappât au nouveau corps législatif, qui se réun issail de droit le i'' prairial (20 mai). Désigné par le sort, François (de Neufchâteau) eut pour successeur, le 26 floréal an VI (15 mai 1798), Treilhard. Or ce dernier, ancien membre de la Constituante et de la Convention, n'était sorti du Conseil des Cinq-Cents que le 1" prairial an V (20 mai 1797) et l'art. i313 de la Constitution de l'an III portait: « A compter du premier jour de l'an V de la République (22 septembre 1796), les membres du Corps législatif ne pourront ôtre élus membres du Directoire, ni ministres, soit pendant la durée de leurs fonctions législatives, soit pendant la première année après l'expiration de ces mêmes fonctions •· La nomination de Trei lhard était donc, en dépit de toutes les subtilités, faite en violalion de la Constitullon. Quant à son prédécesseur, François (de Neufchàteau), notre plénipotentiaire d'abord, nous l'avons vu plus baut, à la conférence de Seltz, il reprit le portefeuille de l'Intérieur que lui avait rendu, pendant sa délégation diplomatique, un arrèté du :W prairial an \'I (17 juin i7>18). Parmi les nouveaux dépulés au Conseil des Cinq-Cents, dont son frère Joseph faisait aussi partie, se trûuva Lucien Bonaparte, éla par le départemel)t du Liamone, chef-lieu Ajaccio, un des deux départements que la Corse comptait alors. 'l'andis que les élections régulières étaient invalidées, il fut ,alidé, le 29 floréal (18 mai), bien qu'élu sans avoir 25 ans - il était né en 1775 - par un département qui n'avait pas de député à nommer I Tripoteur émérite, prêl aax revirements les plus indécents, ne reculant devant aucun moyen pourvu que le résultat lui fût favorable, il allait devenir un des instruments de la Coriune politiqge de son frère Napoléon. A propos de celui-ci, je signalerai, à titre de curiosité, d'après M. Sciout (Le Directoire, t. Ill, p. 463-464) la scission des Landes; il y eut dans ce département trois assemblées électorales; tandis que l'assemblée-mère compta i76 votants, les deux scissionnaires en eurent respectivement 21 et 22, et ces deux dernières choisit·enl le général Bonaparte, l'une pour un an, l'autre pour trois ans. On voit par les chiffres combien il est risqué de prétendre qu'il fut élu député; en fait, il ne fut à aucun moment considéré comme élu, et l'art. H de la loi du

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==