430 HTS'J'OIJ;E SOCIALISTE tù,e (i4. mars) ordonnail la rermelure de Loule société ou cercle " qui fera colleclivcmenl un acte quelconque•. Le 22 germinal (il avril), étaient sup· primés le Joun,al des hommes lib,·es el l'Ami de la /Jatrie. Ces persécutions ,·enanl de gouvernants que tous délestaient el dont quelques-uns, su<pecls de trafics honteux, étaient méprisés, contribuèrent beaucoup, d'ailleurs, à la popularité des démocrates. Sans que r,cux-ci songeassent à protester, les vexations contre la classe ouvrière, dont il a été donné un exemple un peu plus haut(§ 1"), continuaient à l'occasion comme par le passé. Les ouvriers charpentiers qui, je l'ai signalé ,·ers la fin du § 8 du chap. x,, d'après le rapport de police des 25 et 20 brumaire an VI (J;; et 16 no\'cmbre 1797), ré,istaienl à la prétention de leurs patrons de leur imposer une demi-heure de travail de plus; étaient traités de • perturbateurs », contre lesquels des mesures de répression étaient annoncées (recueil de 11.Aulard, t. IV, p. 4::i2).D'après le rapport du 21 germinal an VI (10 avril 1î98), des ouvriers s'étant rassemblés dans l'ile Louviers - elle correspondait à ce qui est aujourd'hui entre le boulevard ~lorland el le quai Henri IV- et ayant eu l'audace grande de se plaindre« entre eux de ne pas gagner assez, onl été amen6s au Bureau central• (idem, p. 001). Enfin, à la date du 18 floréal an VI (7 mai 1708), nous trouvons (idem, p. 648) la décision, déjà mentionnée chap. x1 § 8, du Bureau central du c~nlon de Paris sur les rassemblements d'ouvriers. Ce Bureau,• informé que des ouvriers de diverses professions se réunissent en très grand nombre, se coalisent, au lien d'employer leur temps au travail, délibèrent el font des arrêtés par lesquels ils taxent arbitrairement le prix de leurs journées», annulait les • arrêtés» pris par les travailleur;, défe11dail • à tous ouvriers d'en prendre à l'avenir de semblables•, el déclarait « que le prix du travail des ouvriers doit être llxê de gré à gré avec ceux qui les emploient•· On pouvait, dans les premiers mois de l'an VI, diagnostiquer un péril qui menaçait la République; ce n'était pas le péril jacobin ou soi-dirnnt lei, c'était le péril militaire incarné à. celle heure dans Bonaparte. Depuis la mort de Hoche, tous les regards él1ienl tournés vers lui. A droite comme à gauche, on soupçonnait sop ambition de se saisir du pouvoir. Les royalistes qui le délestaient avant le 18 fructidor au V-4 septembre 1î97 (voir au début d~ ce chapitre}, o·avaient pas tardé, peut-être gràce aux manœu vres de Talleyrand, à renoncer à leurs préventions à son égard. Ce revirement s'était opéré av.nt même sa rentrée à Paris (15 frimafre an VI5 décembre 1797) à la suite du traité de Campo-F9rmio. Dans le recueil de M. Aulard ( t. IV, p. 474-475 ), nous lisons, à la date du i1 frimaire an VI (1"décembre1797): "L'opinion d'un café ferme en royalisme viènt de revirer d'une manière prompte el fra1pante sur le compte du général Buonaparle: haï dans cet endroit jusqu'à ce jour, traité d'ambitieux, de Jacobin, de terrori~te, il est aujourd'hui considéré comme uo homme essenliel, sur le cou-
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