Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE réactionnaire: le 2 thermidor(20juillet), nous apprend un rapport de police, « 5 à 600 ouvriers s'étaient rassemblés dans un cabaret de la Courtil!e à l'etret de s'arranger pour avoir une augm enlalion de salaires des manufacturiers gui les font travailler. La garde les a cernés; les imtignteurs ont été conduits en assez grand nombre au Bureau central »; ce n'était, du rest~. pas là - on le verra plus loin(§ 2)- une mesure exceptionnelle et il faut noter que, le 4 thermidor (22 juillet), le Journal le plus avancé de l'époque, Le Journa( des hommes libres, avait approuvé ces arrestations en disant : • C'est une espèce de tyrannie sur le commerce qu'une coalition pareille •· Le Directoire n'aurait pas été acculé à un coup d'Etat, à ce moyen détestable d'ayoir raison des dangereuses manœuvres monarchiques, si sa coupable politique d'intérêt personnel écrasant, stupidement au point de vue général, le parti républicain avancé qui renfermai l les pl us sérieux éléments de résistance aux intrigues des rbyaUstcs, ne leur avait pas permis d'obtenir artificiellement la majorité électorale, alors· qu'ils étaient en foit le plus impopulaire de Lousles partis. llne tentative d'opposition faite daos la matinée par quelques membres des deux Conseils, n'aboutit qu'à leur arrestation. Un arrêté du Directoire convoquait les membres laissés libres des Cinq-Cents à l'Odéon et ceu~ des Anciens à l'Ecole de médecine. Les Cinq-Cents, réunis à onze heures sous la présidence de Lamarqu~. les Ancieos à une heure sous celle de Roger Ducos, volèrent, dès le 18 (4 septembre). une loi ainsi conçue : • Le Di.recto ire exécutif est autorisé à faire entrer saœ délaj, dans le rayon fixé par l'art. 6\J de la Consliltùion, et de raire arriver à Paris le plus tôl'possible, les corps de troupes qu'il jugera nécessaires pour défendre la République el la Constitution de l'an Ill contre les allaques des agents du royalisme et dtl l'anarchie. maintenir la tranquillité publique et le respect dù aux personnes el aux propriétés"· Le lendemain, fa rent adoptées, avec quelque hésita lion de la parl des Anciens, diverses mesures qui constituent la loi du 1!J fructidor an V (5 septembre 1707) et dont les principales avaient pour but : l'an1111lationde loules les opérations électorales de 49 départements qui avaient nommé le plus de roy~lislcs : cela livrait au Directoire la nomination, aux places rendues ainsi vacantes, d'un grand nombre de fonctionnaires de toul orùre el le débarrassait de 136 députés; la condamnation à la déportation de 65 personnes parmi lesquelles deux directeurs, Carnot et Barthélémy, 53 députés - 11 membres des A.aciens et 42 des Cinq-Cents - dont.4.1 n'appartenaient ras aux départements visés plus haut; le rétablissement des sh premiers articles de la loi du 3 brumaire an IV qu'avait abrogés, nous l'avons vu au débu_lmême de cc chapitre, la loi !lu !l messidor an V; le bànoissement des émigrés qui n'avaient pas obtenu leur ra.dialioo défioilive (art. 15); la déportation des • émigrés acluelleroeot détenus.- (art. i9); le droit exorbitant, pour le Directojre, agissartt de sa seule aulorilé, • de déporter,.

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