Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

418 lllSTOIIIE SOCIALJSTE pondance inéd,le avec la cour de Vienne). Sa lettre du 30 juillel (p. 303) nous apprrnù que « l'un des membres les plus importants ùu Conseil des Cinq-Ceots » lui mandail, en date du 23, qur Pichegru av,,it dit à Carnvl, à propos de ,on impuissance à constiluer une majorilé favorable dans le Directoire:« Eh hien ! nous monterons à cheval; volre Lu~embourg n·esl pas une Ilaslille, dans un quart d'heure il sera réduit». Dans la l_ellre du i3 aoOt (p. 315), il écrit : • Les deux partis travaillent les troupes qui commencenl à se diviser». Dans la lellre du iO septembre (p. 330), ignorant encore les événemenls de Paris, il raconte qu'on devail « allaquer le Direcloire de vive force• du i5 au 20 aoOt; ce projet, élaboré par un comité secret de vingl membres, • on le communiqua à Carnot qui, pour prix de sa complicité, exigea c1u'onlui laissât la nominalion des trois nouveaux directeurs. Le refus fut posilir, el le sien éuranla quelques membres du comité•• d'où ajournement. D"après J\I. Sciout (le Directoire, t. li, p. 031), « Willot el plusieurs députés énergiques avaienl fail venir à Paris un certain no·mbre de royalisles résolus»; si les royaliste~ avaieol, en effel, des généraux, Willol el Pichegru, ils manquaient de soldats. Pour s'en procurer, ils s·occupèreol de réorganiser el d'armer la garde nationale, devenue u11eforce exclusivemenl bourgeoise. Chargé du rapporl, Pichegru le déposa le 2 thermidor (20 juillet); un exlrail.de ce .document fut imprimé et affiché en forme d'adresse aux troupes. li y avail là une telle provocation à renverser le Directoire, que Rœderer, dans son Journal d'éco11omiepublique, de morale et de poliliqt1e (n• dll 20 thermidor an V-7 aoOL 17!l7, l. IV, p. 384), dfaait: • C'est menacer de la force dés. armes, où il ne fallait que celle des 1o·s. Quand César annonce qu·u passe le Ilubicon, il e,l bon que Pompée soil fü; m,is il ne faut pas qu'il ail dit d'avance: me void•; celui qui faisait celte coustatalion, Rœdefer, était le partisan el, dans ce même numéro, rapologisle de Pichegru; il devait être un des complices du • César» de Brumaire. L'armée étail caressée par les deux parlis,mais en grande majorité hostile à la réaclion, si on en juge d'après les véhémentes adresses qui se mullipli~.rent alors dans ses rangs, quoique l'art. 275 de la Constitution porlâl : « La force publique esl essenliellemenl obéissanle : nul corps armé ne peul délibérer,. Les adversaires du Direcloire ne complaienl pas sur la classe ouvrière; aussi avaient-ils cherché à la mâter au moyen de deux des libertés les plu, chères a1.tx soi-ùisanl libéraux d'alors el d'aujourd'hui : la liberté pour le palron de conlrniodre ses ouvriers à penser comme lui sous peine de n'avoir ni lravail, ni pain; la liberté pour l'ouvrier de mourir de faim, dès qu'il lui plall de penser à sa guise. Nous apprenons, en effeL,par un journal cilé dans le recueil de M. Aulard (l. lV, p. 220), qu"on avait vu • les marchands el les manufacluriers fermer leurs magasins et refuser de l'ouvrage aui pauvres ouvriers, pour les forcer d'aller Ùa messe des prêlreJ royaw. ». Ce ~rocédé

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