416 IJIS'POIRE SOCIALIS'l'E situation politique. Bonaparle, imité en cela comme en toutes ses ignominies par certains grand, chef, nationalistes de nos jours, n'aimait aucune des fractions royalistes, non par amour de la République à l'exemple de Hoche, mais par ambition personnelle, parce que leur succè , en ramenant un roi, lui aurait enlevé la première place qu'il convoitait pour lui-même; de plus, des royalistes, nous venons de le voir, l'avaient allaqué. Aussi, dans le conflit qui se préparait, élail-il disposé à se prononcer de parti pris en faveur du Directoire. Il profil?. de l'anniver.aire du i4 Juillet pour jurer, dans une proclamation retentissante adressée aux soldat,,• guerre implacable aux ennemis de la République el de la Constitution d~ l'an III • (Correspondance de Napo/t'1,11 /", l. Ill, p. 240), quïl de,·ail un peu plus tard renverser l'une après rautre. Il a,ail déjà fait partir pour Paris son aide de camp Lavallelle qui, chargé d'édifier Barras sur ses inter.lion, et de surl'eiller lP.sévénements, était arrivé à Paris en prairial-mai (.II émoires et souvenirs du comte de Laval/eue, l. l", p. 223). Con•eillé par Lavallelle, il comprit que la victoire qu'il était nécessaire de remporter sur les royalistes provoquera il de longs mécontentement,; que le Directoire, après s'être de nouveau appuyé sur les républicains avancés par peur des royalistes, se retournerait une fois de plus contre eux dès que les royalistes auraient été abaUus. Il chercha, en con-équence, à assurer le triomphe dn Directoire sans accomplir personnellement la be,ogne; il tenait à nl1érilcr que des avantages de la ~ilualion, ù voir le Lerrain déblayé par d',,ulres, de façon à pouvoir plus lard rallier autour de lui tous les méconlcnts. Sous prétexte qu'Augereau, bon rnldat mais piNre cenelle, avait besoin de se rendre.à PJris pour affaires pe,sonnelles, il le r(•cxpécliaau Directoire auquel il écri1il, le 9 thermidor (Z7 juillet):• li vous r,•ra ronnallre tle vive voix le dévouement absolu des soldats d'Italie à la Con,tilution de l'an Ill el au Directoire exécutif • (Correspondance de Napo/t!o11 I", t. JII, p. 2Gü). Enchanté, celui-ci, le 21 thermidor (8 août), nommait, en remplacement du général llatry. Augereau commandant de la i7' division militaire qui comprenait Paris ellesdéparlemenlsenvironnanls; l'armée de l'intérieur (chap. x, xu el xm) élail supprimée (arrêté du 8 fructidor an IV-25 aotll 1706) depuis le itt l'endémiaire an V (22 septembre 1796). D"après les Souvenirs du baron de Daranle (1. I", p. 45 el 46, note), Donaparle qui avait déjà, nous l'avons vu tout à l'heure, avant les élections de l'an V, chargé Augereau de lui faciliter l'accès du pouvoir, aurait de nouveau compté sur lui pour être nommé membre du Directoire dès la réussite de l'opération en train : • Son projet était, aussitôt la paix signée, de s'en faire élire membre. Comme il n'avait que ,ingl-buit ans el que la Cooslilulion exigeait quarante ans d'Age pour être nommé directeur, on devait propo,cr au Conseil des Cinq-Cents de déclarer éligible, par excepUon, le vainqueur d'Italie, le pacificateur. Le général Bonaparte ;ieu en peine, une fois
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