Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

d72 HIS'l'OIUE SOCIALIS'l'E I vent leur nuire, leurs pr6férences monarchiques. Dès son arrivée à Paris, il se hâtait de renouer des relations avec d'anciennes connaissances royalistes, et allait jusciu'à gémir sur les • conseils peu judicieux qui avaient été donnés au roi » (lettre de Wickham à Grenville du 27 juin ii97, idem, p. 235).Ce fut le 9 prairial (28 mai) que l'on connut à Paris la condamnation de Babeuf et de Darthé (chap. x111); ce jugement, dit le rapport de police du 11 (30 mai) ,« est un sujet très vif d'entretiens publics », et) 'exécution indigna les répu- ; blicains avancés. CHAPITRE XI'! OPÉHATIO~S MILIT,\IRES }:T DIPLOMATIQUES (thermidor a11JV à toréai an Vl-aoùt 1796 à mai 179S.) § 1u - Turquie, Prusse 1 Espagne, Angleterre. Nous savons que la politique du Directoire à l'intérieur était une politique sans principes, une politique d'intérêt per,!'Onnelaboutissant à un jeu' de basculr, à un « système de balance », devait dil'e Français aux Cinq-Cents, le 8 prairial an Vil (27 mai 1790), déplorable pour l'aITermissement des institutions républicaines. A 1·extérieur, i! en arriva à. faire la guerre de cQnquOte et de rapine, la guerre d'aITaires dans le plus mauvais .sens du mol, el n'eut d'autre politique que le trafic des territoires et le brocantage des populations. Après avoir vu la guerre épuiser ses rés;ources - elle avait aussi, d'ailleurs, été dure pour ses adversaires : la Banque d'Angleterre, par exemple, dut à son tour, à la fin de février i797, suspendre les payements en espèces - il recourul à la guerre pour s'en procurer, et sa diplomal ie, même lorsqu'elle parla au nom de • l'indépendance des peuples • (Moniteur du i3 pluviôse an IJl·i" février iîOo, discours déjà signalé de 13oissyd'Anglas), obéit à une arrière-pensée de lucre; elle s'inspira loujours de la théorie monarchit1ue que les peuples ne s'appartiennent pas, qu'un gouver nernent qui a la force peut disposer d'eux sans les consuller el leur imposer, contrairement à leur volonté, un régime de son choix. En dehors de la poursuite du bénéfice immédiat, l'idée dominante ful de pousser la France jusqu'au Rhin, alors qu'il eQt élé bien prélérable de laisser les provinces rhénanes se constituer en république indépendante. Je ne redendrai pas sur la politique des « frontières natuturelles », appréciée chapilre 1x; mais Je conslaterai que ses partisans comprenaient fort bien que l'Angleterre n'ac,epterait jamais de bon gré pareil agrandissement et qu'une coalition conlinenlale serJit nécessaire pour aYoir raison de sa résis'tance. Aussi avait-on essayé depuis longlemps d'ébaucher cette coalition avec les États secondaires tels que la Suèlle, le Danemark, la Turquie; ce projet ne put aboulir

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