Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IJISTOITrn SOCIALIS'l'I, j••kn't V lflier, - il avait ét6 arrôlé lei;; prairial an [\' (3 juin lïOO) i, 'l'ou1 ,11-,•- parce que sa déportation avait été ordonnée par la Convention le I:.!!!••rminal an lil (chap. vu), alors que. le 7 floréal an l\' (20 al'ril 179ü). -ans vi~er ce Mcrel, le Directoire 11'élait borné à lui enjoindre • de quiller Paris •'ans trois jours» aprè-3 l'y avoir laissé habiter librement, furent cond11ils au rorl de 111r Pelée près de Cherbourg. Vaclier devait Olrc remis en lil,erlé le 28 fructidor an YI (14 se1>lembre 179 ). Les autres, à l'exception de Ccizin qui semble s'être isolé, réclamèrent inutilement, le 26 messidor an YII (t4 juillet tî!lfJ) rt le 24 ph"iôse an Vlll (13 février 1800), la revision de le11r J roe~s {Ar,·hives nationales BB• 21). Par ,m·êlé des consuls du 23 ventôse an Vlll (14 mars 1800), ils furent placés sous la surveillance de la police à nie d'Oléron. Nouveau changement en vertu de l'arrMé du 16 frimaire an XI (7 décembre 1802), cl, le 6 mai 1800. Buonarroti obtenait de ,e n.xcr it Genève. tout eu restant toujours sous la su,·vt'illance de la police. La dernière élude biographique sur lui esl celle de 1L Georges Weill (Revue his/o,-ique, l. LXX\'(, p. 2H à :.!7:\).Quant à Grise!, le récil dramaliqu~ qui le représente provoqué el tué en due! par le fils de Balwuf, est fanx; on en trouve la pretHC clans l'llistoire du Direcloi,-e de hl. A. Granier cle Cassa!mëc, qui a puhli6 (t. li, 1>. 1,5:, et 4:-,0)un extrait do ses ét~ts de service provenant des Archives de la Guerre et une pièce établissant qu'il mourut tranc1uillement à Nantes le 22 juin 1812. Sachant que, même avant la trahison de Grise), le Directoire soupçonnait quelque chose et devait, dès lors, ûtre sur ses g-arùes, sachant que les Egaux, trompés par Grise!, s·exagéraient beaucoup les eoncours qu'ils espéraient de l'armée, il est bien difficile de croire que, sans la trahison, leur coup de main rùt JJU réussir. Qui l'aurail appuyé? La mas,c paysanne était satisfaite au rond; la masse ouvrière de Paris, mécontent o. sympathique au mouve:. ment, mais rendue apathique par les fatigues du pns,ô et l'absence de ses meilleurs éléments qui avaient 6tô, presque tous, ou pris par t,,s armées. ou supprimés par les répressions, no songeait plus, dans son ~n,emble, à lutter. D'ailleurs, en supposant, contre toute vraisemblane.e. que le coup de main des E!(aux eùl réussi, leur tentative de « communan'é nationale" eùt -ùr<•- meat échoué devant l'insuffisance des choses el la 1>rote-tation clos ~rns. lis avaient beau ne pas vouloir l'imposer, ils nP pouvaient s11p11lén lt Htroitesse des ressources économiques de leur époque et rn étairnt réduit< au rêve, pour la consommation, d'une régl,·mentalion parci111onir11sr Pl, 1ourla protiuction, d'un autoritarisme inacceptable et inapplicable. Ce n'Pst pas la Conjuration des Egaux en elle-même qui a élo important~, cr sont les i<lées qui l'ont inspirée el qui font d'elle la première tentative socialiste.

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