Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

1. 326 HISTOIRE SüCIALISTg en cassation contre les jugements des commissions militaires est admissible pour cause d'incompétence •; le Directoire donna ordre de pas,er outre el ils furent fusillés. Or, de semblables pourvois formés par des condiimnés à d'autres peines ru'rent admis par le lrihunal de cassation (Sciout, Le Di>'ectoire, t. II, p. 225), les 21, 22 et 23 germinal suivant (10, 11 et 12 avril 1797). « Pache, constate Buonarroti (t. JI, p. il), fut le seul homme, ho1s de prison, qui emiJrassa ou vertement, dans un _écrit imprimé, les opinions et la cause des accusés •· Cel écrit publié en l'an V sous le litre Sur les factions et les partis, les conspii-ations et les conjuration , et sur celles à l'ordre du jour, flétrit notamment la férocité de ces soi-disant « honnêtes g_ens• qui ne sont modérés que pour le bien général cl dont on trouve de honteux spécimens à tous les moments de réaction. • J"ai vu, a écrit Pache (§ X), qu'un orateur royaliste avait dit qu'il fallait dans les conjurations, au défaut de faits, punir lïntenlion. Celle proposition n'est point celle d'un barbare. Les barbares n'ont point la politesse des hommes tivilisés, mais ils ne soul pas dépourvus des sentiments de la nature, et ils ne les atténuent pas par de vaines subtilités. Elle est d"un de ces hommes dont les organes moraux sont à rebours, comme les organes physiques de ces enfants monstrueux qui out l'œsophage au fondement; elle est d'un de ces hommes qui, ainsi organisé contre nature, a vécu encore dans un état contre nature. " L'accusation, sous laquelle se trouvaient Babeuf et ses amis, visait le fait de « conspiration contre la s11reté intérieure de la République, conspirali on tendant à la degtruction du gouvernement et de la Constitution de l'an llI "· Des journaux ayant raconté que les accusés se que,·ellaient, que de graves divisions existaient entre eux au sujet de leur défense, ceux-ci répondirent, le 25 pluviôse an V (13 février 1797) : « Il n'y a ici ni divisions, ni partis, ni <Juerelles, ni craintes. Un seul sentiment nous anime, une même résolulion nous unit; il n'y a qu'un principe, celui de vivre et mourir libres, celui de nous montrer dignes de la sainte cause pour laquelle chacun de nous s·estime heureux de souffrir•· Tous les accusés sauf six"(Pillé, Philip, Lambert, 'i'hierry, Drouin, Nicole Martin) signèrent cette lettre sur laquelle on est heureux de constater la signature de tous les Egaux el de tous les Montainards (Advielle, L. l", p. 242). · -X. La Haute Cour consacra quatre mois et demi aux actes préliminaires de procédure; c'est pendant ce temps qu'une tentative d'évasion échoua: à la suite de coups sourds entendus par une sentinelle, les ga~die~s découvrirent, le 29 nivôse an V (18janvier17û7), une ouverture déjà très avancée. Le2ventôse (20 février) les débats commencèrent dans, le pavillon de l'ouest du grand bâtiment de la caserne actuelle. Les seize hauts jurés titulaires étaient, dans l'ordre où ils furent appelés à siéger par le jugement de la Haule Cour du 2 ventôse (Débats du procès, t. l", p. 21) - leurs noms sont écrits Ici conformément à leurs' propres signatures (Archives nationales, W1559) - : Re7

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