308 HISTOIRE SOCIALISTE ------------------------ - --- En résumé, parmi les ouvriers, il recherchait el devait trouver des adhésions collectives; dans la petite bourgeoisie, il ne pouvait el ne devait avoir que des adhérents individuels, Au faubourg Sainl-Mar~el, nous voyons (Idem, 1. I", p. 278 et 279) que Moroy, !"agent du XII• arrondissement, signale, le 2/i germinal (i3 avril), deux teintureries, l'une ayant près de quatre-vingts ouvriers, l'autre une trentaine, • tous sans-culolles •, • une vingtaine de lanneries occupant au maximum cinquante ouvrier,, el au minimum une quinzaine, môme opinion que ci-dessus pour les ouvriers, aucun entrepreneur ne vaut rien», « autant de mégisseries» dans les mêmes conditions. La propagande ne fut pas inefficace puisque, après l'arrestation de Babeuf, dans une lellre du 20 prairial an IV (8 juin !796) adressée au bureau central, on lit, à propos des chantiers de la Grenouillère, - c'était alors le nom de la partie du quai à gauche el à droite du Palais Bourbon - • les partisans de la doctrine de Babeuf paraissent y avoir fait un grand nombre de prosélytes» (Archives nationales, F7, 7!60--6202). Un des soucis du comité secret était l'armée. Nous avons vu que, tandis qu'on la faisait, en Prairial et en Vendémiaire, intervenir contre les patriotes el contre les royalistes dans la politique intérieure, on désarmait successivement les citoyens; l'armée ét.ail del'enue ainsi la seule force organisée. Pour faire comprendre la transformation qu'opéra chez les militaires ·cet accroissement de puissance sans contrepoids, je me bornerai à citer, sans y changer un mol, un document qui n'était pas destiné à la publicilé, un rapporl de police du 5 frimai"re an IV (26 novembre i 795); il décrit dans le style ampoulé de !"époque ce que, le i7 août !899, le général Rogel devait, avec une indulgence caractéristique, appeler cle « pelits lravers • (Le Temps, 18 aoùl !890) : • De tous les genres de Iléaux qui nous harcèlent, la domination militaire n'esl pas le moindre; !'011 rencontre partout Mars en habits de com- !Jats et en partie de débauche; tantôt il menace de mitrailler les marchands de comestibles; tantôt il vend sa proleclion aux débitantes frauduleuses qui trompent impunément le public; pai tc,ut on voit l'espril de domination dont il s'arroge les avantages et dont il fait juslemenl appréhender les suites. 0 vous qui fournissez à ses plaisirs, ainsi qu'à ses dépense,, lremblez de vous livrer aYec sécurité aux désaslreux avantages d'un tel appui! li vend toujours cher ses services, cl les premiers ohjels sacrifiés à ses ressentiments sont toujours ceux qui tenlent de le rappeler aux devoirs el qui lui retranchent se, jouissances » (recueil de M. Aulard, l. 11, p. 4'!8). Pour essayer de réveiller l'ancien esprit démocratique de l'armée, Babeur, dans le n• 41 du Tribun du peuple (i0 germinal - 30 mars). s'adressait aux soldats : « c·esl vous, leur disait-il, qui êtes peuple; c'est ,·ous, solclats de la Ropublique, que l'on oppose à une autre portion du peuple!, .. Non I vous ne serez point les vils satellites, les instruments cruels et aveugles des ennemis du peuple et, par conséquent, des vôtres •· Daos le n• 5 ùe l' Eclaireur
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