Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIIS1'O1RE SOCIALISTE gande toute l'crllcacité possiblr, en la rallachant, selon la vraie tacUque, aux préocc11pationsde ceux qu'ils voulaient convabcrc. Celle altitude réussit au point de rne de la propagande, mais échoua au Ioint de vue pratique. Aus,i les patriotes se détachèrent-ils du gouvernement qui ne tenailaucun compte de leurs réclamations à cet é~ard, en même temps que Je nombre ùe leur, parlisans augmentait; el il augmentait non seulement parmi les ouvriers, mais encore partni les soldats que tra,aillaienl particulièrement les habitué< clu café Chrétien, rendez-vous d'anciens Conventionnels tels que Vadier, Léonard Bourdon, Cboudieu, Javogues, el de l'ancien général llossignol. Le recrutement de la Société du Panthéon dans le milieu populaire et dans le milieu militaire inquiéta le gouvernement el ne rut pas ( tranger à la créalion du ministère de la police· générale dont Je p~emier titulaire, sur 1~ refu~ de Camus, fut (14 nhôse-4 janvier) Merlin (de Douai), remplacé le lendemain à la Justice par le député Génissieu. liais, Je 14 germinal (3 avril 1, ~lerlin revenait ù la Justice et Cochon devenait ministre de la police. C'était ,urtout le ministère et, en particulier, Ucnezech et Merliu, que les patriotes ù cc momenL attaquaient, ménageant encore le Directoire. Les minii,tres allaqués se plaignaient de celle situation, d'autant plus qu'ils ne se trou- ,aienl pas suffisamment Eoulenus par ceux de leurs collègues qui étaient plus ménagés. f!enezech, par c,emple, demanda à son ~ollègue des finances, Faipoult, de faire, sous réserve d'indemnité, évacuer par Cardinaux le local qne celui-ci occupait et cédait à la Société du Panthéon. On envoya bien à CarÎ:linaux, le 3 frime1ire(2\ novembre), une sommation de ,,ider les lieu, dans le,; , ingl-quatre heures; mais il ne bougea pas et fut laissé tranquille, cc dont Uene,ech se plaignait amèrement au Directoire au début de ni1ôsefln décembre 1701> (Révolution française, revue, t. XXXIII, p. 339-340). Le résultat de ces tracasseries sans clfet fut de faire perdre du Lerrain aux modérés de la Société du Panthéon au profit des avancés. Cependant le moindre acte du Directoire contre les royalistes lui ramenait vile de nombreuRes sympathies; un rapprochement de ce genre venait de se produire, !"anniversaire du :ll janvier avait été, en ,•ertu de la loi du 23 nivôse an lV (13 J11nvier 1700), solennellement fêlé en commun, les membres des deu, Conseils avaienLdQ • indivaduellemcnt •, aux applaudissements des patriotes, jurer• haine à la royauto », quand, <1uinze jours après, l'arr<lstation de la femme de Babeuf, j)ar l'indignation qu'elle excita parmi les patri~tes, permi1 aux membres de la Sociél6 qui étaient les adve~aires déterminés du gouvernement, de reprendre le dessus : à la soance du 4 ventôse (23 février 1700), une collecte 6Lait faite pour secourir la femme de Ba.beur dans sa prison, el, le 6 (26 février), sous la présidence de Buonarroti, Darlhé lut le n• 40 du Tribtm du peuple. A l'instigation, d'après Buonarroti (Conspiration pour l'é!Jalilé, t. l", p. 107, note), de Bonaparte qui, par celle atlilllde, seproposait de gagner les bonnes grâces de la bourgeoitrie riche, le gouveN11111enl

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